Marc Dussault Maggy-Nadyne et sa fille Camillie

Désireuses d’avoir un emploi qui s’ajuste sur mesure à leurs besoins, de plus en plus de femmes se lancent en affaires.

Commerces, services, soins à la personne : les entreprises créées par des femmes sont généralement pensées en fonctions des besoins rencontrés au sein de leur famille proche ou élargie. «Au fil des ans, nous avons réalisé que les femmes intègrent leurs préoccupations familiales dans leur projet d’affaires», mentionne Élise Tessier, directrice générale de Femmessor-Montréal, un organisme de développement économique voué à l’entrepreneuriat féminin.

En fondant leur compagnie, les femmes désirent se faciliter la vie et trouver un plus juste équilibre entre travail, famille, engagement social et personnel. Si certaines ne pensaient pas devoir y mettre autant de temps et d’énergie, toutes sont d’accord pour dire que la souplesse n’a pas de prix. «C’est exigeant, oui, mais ce qu’on entend surtout c’est que ça permet d’avoir une flexibilité dans les horaires, ce qui serait impossible autrement», soutient Mme Tessier.

Si les femmes sont de plus en plus nombreuses à faire le saut en entrepreneuriat, il n’en demeure pas moins qu’elles sont, contrairement à leurs homologues masculins, plus prudentes. Habituées d’en faire beaucoup avec peu, la plupart redoute le crédit.

«Leur rapport au risque n’est pas le même. Il y a tout un apprentissage à faire au niveau du financement», mentionne Mme Tessier, qui précise que ça prend de l’argent pour faire de l’argent.

Prudentes, oui, mais surtout différentes. Les femmes entrepreneures ne sont pas obnubilées par le chiffre d’affaires. Elles veulent d’abord et avant tout être bien. «Les femmes sont à la quête d’un mode de vie plutôt que d’un objectif financier», note la directrice générale de Femmessor-Montréal. Il n’en demeure pas moins qu’elles ne reculeront pas devant les opportunités d’accroissement de leur entreprise. Les restaurants Cora et les cosmétiques Lise Watier ne sont que deux exemples de succès au féminin.

Deux femmes de tête

Un matin d’octobre 1999, Maggy-Nadyne Lamarche ramène sa fille Camillie à la maison après un autre séjour à l’hôpital Sainte-Justine. Souffrant de problèmes neurologiques reliés à de sérieuses dysfonctions de son système digestif, de dysphagie et de nombreuses allergies, Camillie est dans un état semi-végétatif en raison de la médication, et sa mère, fatiguée, sent que la vie de sa fille lui échappe.

Pour apaiser ses tourments, elle va sous la douche et demande à sa grand-mère, décédée depuis peu, de l’aider. En fermant les yeux, Maggy-Nadyne voit l’ourson Béké-Bobo. C’est le début d’une grande aventure.

Elle commence alors de sérieuses recherches pour trouver un mélange de céréales qui va apaiser les douleurs de sa fille. Quelques mois plus tard naît le premier ourson Béké-Bobo, fait entièrement à la main et rempli de céréales cultivées au Québec, qu’on peut chauffer ou mettre au congélateur pour apaiser les douleurs.

«Cet ourson a sauvé la vie de ma fille et la mienne», confie Mme Lamarche, qui fabrique aujourd’hui 750 oursons par semaine… Pas surprenant qu’elle soit à la recherche de main-d’œuvre pour l’aider à répondre à la demande!

Au premier contact visuel avec son deuxième fils, Lucie Boivin a su que ce dernier allait changer sa vie. Intense et exigeant, il était impossible de le placer en garderie après les six mois de congé de maternité auxquels elle avait droit à l’époque.

Mme Boivin a alors mis une croix sur son poste de directrice dans une grande maison d’édition et est restée à la maison pendant 10 ans. Durant ces années, toujours à la recherche de méthodes pour calmer son fils, elle s’est documentée sur les bienfaits d’une alimentation saine, loin des produits transformés qui tiennent la vedette dans les grandes épiceries.

C’est alors qu’elle a eu l’idée d’ouvrir un petit commerce, à mi-chemin entre l’épicerie et le restaurant. Saveurs de Vivre a ouvert ses portes en décembre 2009 dans le quartier Villeray et propose une variété de plats cuisinés pour emporter, sans gluten, bio et responsables.

Se lancer
Pour les aider à démarrer leur entreprise, les femmes bénéficient d’organismes de soutien qui leur sont exclusivement dédiés. Voici quelques exemples.

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