Getty Images/iStockphoto Parmi les employés surqualifiés, les jeunes, les femmes et les immigrants sont les plus touchés.

Un tiers des travailleurs canadiens sont surqualifiés, ce qui signifie qu’ils occupent un emploi pour lequel les compétences requises sont inférieures à leur niveau d’études.

Survol des conséquences de ce phénomène, dont les répercussions se font sentir autant sur le marché de l’emploi que dans le système d’éducation.

Selon une étude réalisée en 2017 par les économistes Brahim Boudarbat et Claude Montmarquette, qui compare le taux de surqualification québécois à la situation canadienne, le portrait est un peu plus positif dans la Belle Province. L’enjeu demeure toutefois préoccupant, puisque près d’un travailleur québécois sur trois serait concerné.

Parmi ces employés surqualifiés, les jeunes, les femmes et les immigrants sont les plus touchés. C’est au niveau du baccalauréat que le bât blesse le plus, et les diplômés en pâtissent : «En 2011, ils affichaient des proportions de 33,5 % au Québec, de 41,2 % en Ontario et de 40,1 % dans l’ensemble du Canada», soulignent les chercheurs. Les domaines où les taux de chômage sont le plus élevés coïncident généralement avec le taux de surqualification.

Cette surqualification engendre des coûts, puisque les travailleurs surqualifiés gagnent un salaire inférieur à leurs collègues occupant un poste en adéquation avec leur diplôme, et le fait d’occuper un poste en deçà de leur formation entraîne une accumulation de frustrations et mine la motivation.

Le phénomène touche également les autres travailleurs, puisqu’à compétences égales, les employeurs auront tendance à choisir le candidat à la scolarité la plus élevée, privant d’emploi des individus qui remplissaient pourtant les critères d’embauche. C’est ce qu’ont relevé les chercheurs en observant les salaires : «Les travailleurs surqualifiés gagnent moins que leurs collègues de même niveau de scolarité, mais plus que leurs collègues partageant le même emploi.»

Les conséquences se font aussi sentir chez les entreprises, qui doivent composer avec une productivité à la baisse chez les employés surqualifiés et un plus grand taux de roulement, un constat partagé par Statistique Canada, qui s’est penché sur le sujet avec l’étude La surqualification, les compétences et la satisfaction au travail en 2016.

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