Métro Travailler plus pour gagner plus? Une conception des choses qui, si l’on en croit le nombre des employés qui veulent lever le pied sur le plan professionnel semble de plus en plus dépassée.

La semaine de cinq jours, ce sera peut-être bientôt du passé.

De plus en plus de travailleurs font le choix de gagner moins pour mieux équilibrer le travail… avec tout le reste. Et une simple journée de congé, ça change pas le monde, sauf que…

Le temps partiel est très populaire au Canada. En 2011, 18 % de la population active au pays travaillait moins de 30 heures par semaine, dont plus des deux tiers sur une base volontaire, selon Statistique Canada.

Travailler plus pour gagner plus? Cette conception des choses semble de plus en plus dépassée, si l’on en croit le nombre des employés qui veulent lever le pied sur le plan professionnel. Une formule d’aménagement du temps de travail est particulièrement populaire : la semaine de quatre jours.

Ça peut paraître peu, mais ce petit jour diminue presque le rapport entre travail et temps libre de la moitié, de 2,5 à environ 1,3. Sans compter qu’une fin de semaine de trois jours ouvre de nouvelles perspectives, comme la possibilité de s’éloigner plus de chez soi et d’entreprendre des activités plus ambitieuses.

Plus de temps pour les autres et pour soi
Frédéric, responsable des ressources humaines dans une grande entreprise agroalimentaire, a opté pour cette formule. Ou plutôt l’a-t-il complètement adoptée, tant il considère que l’expérience a été positive.

C’est la naissance de son fils Arthur qui lui a fait prendre conscience que la vie ne se limitait pas au bureau. Il a décidé de prendre tous ses mercredis pour s’occuper de son «premier p’tit gars» pendant un peu moins de deux ans, jusqu’à la naissance du second, Gabriel.

Côté famille, les bénéfices ont été énormes : Frédéric aura mieux vu grandir Arthur. Autre conséquence immédiate : une bien meilleure santé pour lui-même. «Je me sentais bien plus en équilibre, raconte-t-il. Par exemple, mon alimentation était plus saine parce que j’avais le temps de cuisiner à l’avance.»

Plus de temps libre, c’est d’ailleurs plus de temps pour faire les choses soi-même. Du coup, pas sûr que réduire son temps de travail soit une si grosse concession pour le portefeuille. «Notre niveau global de revenu faisait que l’on pouvait se le permettre. Mais de toute façon, compte tenu de l’économie des frais de garde, la perte a été faible», explique Frédéric.

Moins stressé, plus efficace
Tout est pour le mieux à la maison, donc. Mais au bureau, ça n’a pas posé des problèmes? «Aucun! répond Frédéric. Comme je travaillais en conduite de projets, il n’était pas impératif que je sois présent en permanence. En plus, c’est moi qui planifiais les réunions.»

À bien y regarder, il y a beaucoup de postes qui feraient facilement l’objet d’une réduction du temps de travail. D’autant que les travailleurs à temps partiel semblent plus efficaces. «J’ai cherché à optimiser mes quatre jours de travail hebdomadaires. J’avais globalement l’impression d’aller beaucoup plus à l’essentiel, et avec moins de stress», explique Frédéric.

C’est important à savoir si on décide de passer à quatre jours par semaine et que notre conscience professionnelle nous retient, insiste Frédéric. «Il ne faut surtout pas culpabiliser… car on est plus efficace alors qu’on est payé 20 % de moins!» conclut-il.

Carriéristes, attention…
Un bémol, toutefois. Même si les entreprises sont de plus en plus conciliantes en ce qui concerne l’aménagement du temps de travail, faire le choix de la semaine de quatre jours peut encore être un frein à sa carrière. «Je n’ai pas pu conserver mon 80 % après la naissance de mon deuxième fils, car j’étais dans une situation où mon employeur pouvait me garder en poste et muter ma conjointe. Le fait de reprendre un temps plein a été un élément “officieux” de négociation», raconte Frédéric.
Morale de l’histoire : quand il s’agit de temps de travail, mettez bien les pendules à l’heure avec votre employeur.

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