Daphné Caron/Urbania Dee-Dee Dragon en compagnie de Maryline

À l’écurie Lucky Luc, au cœur Griffintown, un cocher se prépare à entamer la saison touristique aux rênes de Maryline, jument vedette.

Comment êtes-vous devenu cocher?
Quand j’étais petit, j’étais vraiment un p’tit gars manqué. Je voulais devenir mécanicien, mais tout le monde me décourageait de ça. Ils me disaient que j’allais toujours avoir les mains sales, même si moi ça ne me dérangeait pas. Quand j’ai choisi la technique équine, au cégep, mon père était content. Il était dans la police montée : il a toujours aimé les chevaux.

Ça s’apprend au cégep, conduire un cheval?
Oui, même si, quand j’ai commencé dans le milieu de l’équitation, le monde trouvait ça bizarre. Au début, j’ai travaillé dans des écuries de compétition. L’équitation classique, c’est plus prestigieux que l’équitation western. Moi, j’aime pas trop ça la bourgeoisie, ce qui m’intéressait, c’était les chevaux. Après ça, j’ai été palefrenier pour Cavalia. Je m’occupais des chevaux et je les soignais. Puis, je suis devenue cocher.

Est-ce que c’est payant comme métier?
Pas vraiment. Avant, on partageait les profits 50/50 avec les propriétaires de calèche, mais maintenant, c’est plutôt 60/40. Eux disent qu’ils paient les réparations et l’entretien des calèches, mais sans nous, il n’y aurait pas de tours de calèche. À 48$ la demi-heure pour un tour dans le Vieux, on ne fait pas grand profit, surtout quand les touristes nous donnent seulement 2$ de pourboire!

Conduisez-vous toujours le même cheval?
Habituellement, on essaie de former une équipe. J’ai un collègue qui a le même cheval depuis dix ans. Moi, ces temps-ci, je suis avec Marilyne. C’est une star, Maryline, elle a joué dans la pub de la SAAQ qui dit de ne pas texter au volant.

Est-ce qu’ils aiment ça, travailler, les chevaux?
Un cheval qui travaille vit plus vieux qu’un cheval qui ne travaille pas. Et ça aime ben plus être dehors que dans l’écurie. Le seul problème, en ville, c’est qu’un cheval, c’est super peureux. On se promène avec eux pendant les feux d’artifice, à travers les voitures, les ambulances, une chance qu’ils ont des œillères. L’an passé, une ambulance a démarré sa sirène à côté d’une calèche, le cheval a sauté et la calèche s’est renversée.

Pensez-vous que les chevaux subissent les effets du boom immobilier du quartier?
C’est sûr! On a compté dix-sept constructions de condos aux alentours. Quand ils creusent les pieux de fondation, ça fait un vrai vacarme. En plus, les chevaux ressentent les vibrations du sol, ça les rend anxieux, c’est certain.

***
Urbania fête ses 10 ans

Vendredi, ça fera 10 ans qu’Urbania existe, 10 ans qu’on a décidé de lancer un magazine, juste comme ça, par passion, dans un local du boulevard Saint-Laurent meublé de vieux futons usés. Parce qu’on était pas mal certains que personne ne nous organiserait de surprise, on a décidé de nous organiser nous-mêmes un mautadit gros party, ce vendredi soir, à La TOHU! Par la même occasion, on va aussi célébrer la sortie de notre nouveau numéro, le Spécial RUE. Ce sera également le thème de la soirée. Croyez-nous, on a mis le paquet pour nos 10 ans: soyez prêts à tout!

Aussi dans Carrières :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!