Daphné Caron/Urbania Gilles Robitaille, professeur de majordomat

Il a été l’assistant personnel du parolier d’Elton John et a travaillé dans les maisons les plus prestigieuses du Québec. Aujourd’hui, Gilles Robitaille enseigne son savoir aux apprentis majordomes.

Quel est le rôle d’un majordome exactement?
Ça varie d’une maison à l’autre, mais en gros, ça supervise tout ce qui a trait aux services de la maison. Par exemple, ce n’est pas lui qui va changer les fleurs, mais c’est lui qui va s’assurer qu’elles soient changées avant chaque repas.

Il y a des gens qui changent de fleurs à chaque repas? Pourquoi?
Tout simplement parce qu’ils le peuvent! Dans certaines maisons, il n’y a pas un service qui se fait avec la même vaisselle lorsqu’il y a de la visite.

Qu’est-ce que vous enseignez à vos élèves?
La base des services. Par exemple, on leur montre à bien placer la coutellerie, à monter une table, à accueillir les gens, etc. Mais surtout, on leur enseigne comment interagir. Les élèves sont souvent nerveux à l’idée de travailler pour des clients qui appartiennent à un autre milieu et ne savent pas comment agir. Soit ils sont trop réservés, soit ils pensent qu’ils peuvent devenir amis avec leur patron!

Qu’elle est la meilleure attitude?
Il faut être toujours présent, sans jamais être là : si je rends un service, il ne faut pas que les gens me voient. On a aussi une classe complète consacrée aux différentes nationalités, parce qu’on s’attend à des comportements différents selon les pays.

Par exemple?
Les Américains sont plus amicaux; les Anglais sont ouverts, mais préfèrent garder une certaine distance. Les Asiatiques sont très réservés, alors on ne donne jamais la main.

À quoi ça ressemble, un examen de majordome?
On a un exercice où on demande à nos étudiants de rentrer dans une salle et de tout observer. Puis, ils sortent et on met la place complètement à l’envers. Nos étudiants doivent ensuite revenir et tout remettre en ordre.

Est-ce qu’il y a beaucoup de maisons avec des majordomes au Québec?
De moins en moins. Ce n’est pas parce que les gens n’ont pas d’argent, mais parce que ça ne fait pas partie de la culture d’avoir toujours quelqu’un à son service. La tendance, c’est d’offrir un service qui ressemble plus à un service de concierge ou d’assistant personnel.

Est-ce que vous portez des gants blancs ou c’est un stéréotype?
Les gants blancs, c’est rare qu’on en porte. C’est pour monter une table, pour qu’il n’y ait aucune marque de doigt, et pour polir s’il y en a.

Est-ce que vous pouvez nous raconter un potin sur un de vos clients riches et célèbres?
Non. Si je trahissais la confidentialité, ça se saurait et je ne travaillerais plus!

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