Métro Plus de la moitié des entreprises canadiennes qui hésitent à offrir le télétravail craignent une perte de productivité.

Tout le monde vante les mérites du télétravail, de plus en plus réclamé par les employés québécois.

À l’aube de l’an 2000, on disait même que le travail à domicile deviendrait très vite LE modèle à suivre. Pourtant, plusieurs employeurs hésitent encore à faire le saut. Pourquoi?

Diane-Gabrielle Tremblay, professeure à l’École des sciences de l’administration de la TÉLUQ, reconnaît que le phénomène du télétravail progresse plus lentement qu’on ne l’avait d’abord pensé. Selon elle, si les entreprises hésitent à implémenter de véritables programmes de télétravail, c’est qu’elles veulent se laisser la possibilité de revenir en arrière sans trop de formalités. «Souvent, ce ne sont ni les grands patrons ni les responsables des ressources humaines qui résistent à l’idée, mais plutôt les superviseurs et les cadres intermédiaires, qui préfèrent garder le contrôle», souligne-t-elle.

Un sondage réalisé par Pollara révèle par ailleurs que plus de la moitié des entreprises canadiennes qui hésitent à offrir l’option du télétravail craignent une perte de productivité de leurs employés. Selon Diane-Gabrielle Tremblay, cette crainte n’est pas fondée : «Les recherches démontrent au contraire que cela augmente la motivation et la productivité des travailleurs. Le temps qu’ils perdent à la maison à arroser des plantes ou à partir une brassée de lavage, ils peuvent le perdre au bureau en discutant avec les collègues et en étirant l’heure du lunch.»

La diffusion de l’information par des exemples concrets demeure l’outil le plus efficace pour sensibiliser les employeurs. Dans le secteur des technologies de l’information, où l’idée du télétravail progresse rapidement, les employeurs n’ont souvent pas le choix d’offrir cette possibilité. Les employés comparent leurs avantages à ceux d’autres travailleurs de firmes concurrentes et risquent d’aller voir ailleurs. Le télétravail devient donc un outil de rétention des talents non négligeable, qui permet de recruter et de fidéliser les travailleurs avides de flexibilité et de conciliation travail-famille.

Un enjeu culturel?
Sur la question du télétravail, le Québec se situe derrière le reste du Canada anglais et les États-Unis, mais devant la France, qui est encore loin d’adopter l’idée. «Le nord de l’Europe, les États-Unis et même le Japon sont très avancés sur ce plan-là. Les gestionnaires semblent davantage miser sur l’atteinte d’objectifs, de résultats», explique Diane-Gabrielle Tremblay. En France et dans les pays de tradition latine, il semble y avoir une préférence pour la gestion à vue, c’est-à-dire le fait d’être présent sur place pour voir et gérer les problèmes.

«Souvent, ce ne sont ni les grands patrons ni les responsables des ressources humaines qui résistent à l’idée, mais plutôt les superviseurs et les cadres intermédiaires, qui préfèrent garder le contrôle.» – Diane-Gabrielle Tremblay, TÉLUQ

On peut également parler de culture d’entreprise, puisque les jeunes entreprises, plus modernes, adoptent l’idée du télétravail plus aisément que les entreprises traditionnelles, qui sont plus lentes à faire le saut.

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