collaboration spéciale Vincent Chapdelaine

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le Conseil jeunesse de Montréal, des portraits de jeunes inspirants.

Avec l’entreprise d’économie sociale qu’il a fondée, Vincent Chapdelaine veut faire tomber les obstacles à la connaissance et créer du lien social. Le modèle fonctionne et s’exporte en France!

Espaces temps, l’entreprise que vous dirigez, chapeaute plusieurs projets. Qu’est-ce qui les lie?
Ma ligne directrice, c’est de faciliter la circulation de l’information et des connaissances à l’échelle locale. J’essaie à la fois de décloisonner les différents milieux (culturel, scientifique, citoyen) et de rendre visible toute l’activité d’un territoire. C’est ce que propose notamment Mur Mitoyen : un calendrier répertoriant les événements à Montréal, tous domaines d’activités confondus. Faire circuler l’information permet de découvrir des milieux de niche auxquels on n’a pas accès si on n’est pas un initié.

Pourquoi avoir choisi le modèle de l’économie sociale pour développer votre entreprise?
Parce que j’ai la conviction que la finalité de ce que je fais n’est pas commerciale, mais sociale. J’ai à cœur de créer des structures qui permettent de protéger la vocation et l’ancrage social des projets. Je pense aussi qu’il est bon pour une société de se donner des structures collectives et démocratiques qui sortent de la folie du monde du libre marché. L’économie sociale est un mode alternatif viable. Il y a un mythe selon lequel elle maintient dans la précarité et ne permet pas le développement : c’est faux!

Un de vos projets est l’occupation de l’espace. De quelle façon est-ce que ça contribue au décloisonnement et au partage de connaissances?
Le principe des espaces 3C (pour collaboration, créativité, échange de connaissances) est d’offrir des lieux de rencontre et d’échange libres d’accès, sans contrainte. En implantant ce type d’espaces dans les bibliothèques, tel que nous le projetons, on permet aux usagers d’en devenir partie intégrante et plus seulement utilisateurs. Ce n’est plus la bibliothèque qui impose une programmation, ce sont les citoyens qui la construisent ensemble. On veut ainsi les outiller dans leur désir d’agir ensemble, insuffler un dynamisme sur un territoire donné pour que les projets émergent plus facilement.

Qu’est-ce qui est le plus gratifiant dans votre travail?
Avoir la confiance de mon équipe, formée de personnes de grand talent, constater que j’ai réussi à rassembler ces gens-là. C’est aussi le sentiment d’avoir bâti une organisation capable de porter beaucoup de projets.

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En rafale
Quel est le secret le mieux gardé de Montréal?
Les ateliers de fabrication comme Échofab, Helios Makerspace et l’Atelier des ingénieux, qui permettent d’utiliser machines et outils pour construire toutes sortes d’objets, des plus utiles aux plus fous, dans un esprit de collaboration et de communauté !

Quels conseils donneriez-vous à un jeune désireux de s’engager dans la communauté?
Ne pas attendre l’approbation des autres pour faire quelque chose. Il faut suivre son instinct, poser des actes et le faire savoir!

Par quel petit geste de tous les jours contribuez-vous à faire de Montréal une ville meilleure?
Montréal est une ville exceptionnellement animée : grands festivals ou petits rassemblements méconnus, événements culturels, universitaires, communautaires, etc. Tous les jours, nous travaillons à promouvoir cette effervescence.

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