Métro Depuis l’été 2014, Julie bâtit sa clientèle progressivement. Son bagage scientifique lui confère une solide crédibilité.

Il a fallu une bonne dose de courage à Julie Roy pour renoncer à la stabilité rassurante qu’offrait son emploi. Changer de carrière, c’était aussi changer de vie. Elle a osé.

«J’ai suivi un parcours standard et rationnel, sans me demander ce qui me faisait vibrer, analyse Julie Roy. Je ne me connaissais pas très bien, j’étais bonne en sciences et mon père était médecin : je me suis laissée influencer.» Maîtrise en poche, Julie se retrouve dans un laboratoire de biologie moléculaire au CHUM. Rassurée par la stabilité d’emploi, elle rembourse ses dettes d’études et ne se pose pas de questions.

Jusqu’au mur qu’elle frappe à 31 ans. «Je m’ennuyais à mourir, j’avais l’impression de gaspiller ma vie. Je ne me réalisais pas, et je voulais être utile autrement.» Julie fait sa vie, mais ne trace pas sa route. Après quelques semaines de réflexion, elle découvre finalement ce qui deviendra son ancre professionnelle. Immergée depuis toujours dans un univers scientifique, elle ne s’est jamais vraiment intéressée aux thérapies dites alternatives. Trop ésotérique. Pourtant, quand elle entend parler de naturopathie, c’est la révélation. «Je lisais sur le sujet, et j’ai eu comme une illumination : c’était tellement moi!»

«Changer de carrière est exigeant, mais il faut le voir comme un investissement en soi-même.» Julie Roy

Julie magasine son école, qu’elle veut reconnue et crédible. Les cours commencent en septembre, mais à force d’insistance elle parvient à intégrer la cohorte dès janvier. «Pour la première fois de ma vie, je me laissais guider par quelque chose de viscéral, alors que tout ce que j’avais fait jusqu’à présent était cartésien.»

S’ensuivent quatre ans de formation à l’École d’enseignement supérieur de naturopathie du Québec. La passion, la compréhension de la part de son employeur au CHUM et le fait qu’elle n’ait pas d’obligations familiales : trois facteurs qui lui permettent d’aller jusqu’au bout, malgré les nuits blanches passées à étudier. Lorsque le doute et la fatigue s’installent au cours de la troisième année, elle passe à deux doigts de décrocher. Avec du recul, Julie estime que ce passage l’a renforcée dans ses convictions.

Le changement est progressif et elle commence à voir des patients tout en gardant son emploi au CHUM. Quand les fonds de recherche deviennent insuffisants pour la garder, elle fonce. Depuis l’été 2014, Julie bâtit sa clientèle progressivement. Atout de taille, son bagage scientifique lui confère une solide crédibilité. En 2013, une médecin fait appel à elle pour lui recommander des patients. «C’est une chance inouïe, estime-t-elle, parce qu’il règne un grand scepticisme de la part du corps médical face à la naturopathie.»

Étudier plus vieux
Plus difficile d’étudier à 30 ans qu’à 20 ans? Rien ne le démontre selon Mathieu Guénette, directeur des services professionnels chez Brisson-Legris, entreprise montréalaise spécialisée en orientation et gestion de carrière. «Ce n’est pas tant sur les capacités cognitives que sur la disponibilité que l’âge joue. À 30 ans et plus, les gens ont souvent davantage d’obligations familiales et financières qu’à 20. Par contre, la maturité et la détermination jouent en faveur des étudiants plus âgés.»

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