Métro «Quand l’école permet d’alimenter une passion, celle-ci peut devenir le moteur d’une vie!» estime Pierre Chenier.

«L’école alternative, c’est fait pour tous les enfants, mais pas pour tous les parents», affirme d’emblée Pierre Chénier, responsable des communications pour le Réseau des écoles publiques alternatives du Québec (RÉPAQ). L’absence de bulletin chiffré, des enfants d’âge différent dans chaque classe, un rythme adapté à chaque élève, des parents impliqués dans les classes: ces particularités peuvent en déstabiliser certains. Portrait de ces écoles de plus en plus nombreuses.

Marie-Josée Camble ne connaissait pas les écoles alternatives quand elle a choisi l’école maternelle de son aîné. Alors qu’elle parlait des insatisfactions qu’elle y vivait, une connaissance lui a recommandé cette option. Elle a donc visité l’école alternative Le Sentier, à Boisbriand. Ce fut le coup de foudre.

«C’est la place accordée aux parents qui m’a d’abord plu», raconte cette maman qui a envoyé ses trois garçons, maintenant âgés de 17, 19 et 21 ans, à la même école. Jouant un rôle-clé dans ces écoles, les parents y circulent librement et sont appelés à s’y impliquer activement, que ce soit en classe, au sein des comités ou durant les activités spéciales.

Écouter le rythme de chaque enfant
Le parent est aussi un acteur-clé dans l’évaluation de son enfant. «L’évaluation, chez nous, est faite de façon continue et tripartite. Elle implique l’enfant, le parent et l’enseignant», explique Pierre Chénier, ajoutant qu’on compte maintenant 32 écoles alternatives réparties dans 19 commissions scolaires à travers la province, et que plusieurs autres projets sont en branle.

Et oubliez le bulletin chiffré, les examens traditionnels et les moyennes de groupe. L’enfant apprend plutôt par projets. «Nous misons sur l’enfant et son propre rythme d’apprentissage, explique M. Chénier. Nous accordons plus d’importance aux projets de l’enfant et à son propre cheminement qu’à un programme d’étude et à des méthodes.»

Le seul examen traditionnel que l’enfant aura à faire durant tout son primaire sera celui du ministère, en 6e année. «À la fin du primaire, l’enfant a toutes les compétences et les connaissances nécessaires pour poursuivre au secondaire régulier», fait valoir le responsable des communications.

Et selon M. Chénier, lui-même père de deux enfants qui sont passés par l’école alternative, l’étendue des connaissances ainsi acquises est souvent supérieure à celle prévue dans un programme régulier. «Un enfant qui s’ouvre pendant sept ans à toutes les matières à travers des projets qui le passionnent fait des apprentissages qui vont bien au-delà de ce que les programmes du ministère ont imaginé», affirme-t-il.

Autre particularité: les classes multiâges. Chaque école a sa propre façon de créer ses groupes, mais on retrouve dans la plupart trois groupes d’âge par classe. «C’est une façon extraordinaire de stimuler la socialisation et la collaboration, explique Pierre Chénier. Les enfants sont eux-mêmes des ressources pour les autres enfants.»

«Le professeur est là pour accompagner l’élève dans sa recherche du savoir. C’est lui qui le guide pour trouver l’aiguille dans la botte de foin.» – Pierre Chénier, responsable des communications pour le RÉPAQ

Des élèves très autonomes
Après leurs études primaires, les trois garçons de Marie-Josée Camble ont continué leurs études secondaires dans une école régulière. Un passage qui s’est fait sans anicroche, dit-elle. «J’ai senti au contraire qu’ils avaient plus d’outils que les autres en termes d’autonomie et d’organisation, avoue-t-elle. Ils savaient déjà s’organiser, gérer leur temps et leurs projets, faire une planification, tenir un agenda.»

«Pour nous, l’éducation, c’est aussi transmettre l’amour d’apprendre, conclut M. Chénier. Pour que ce goût du savoir ne quitte jamais l’enfant durant toute sa vie, et qu’il n’ait pas envie de mettre ses livres de côté dès que l’école sera finie.»

En résumé
Les écoles publiques alternatives au Québec, ce sont:

  • des écoles publiques intégrées aux commissions scolaires du Québec;
  • des écoles dont la pédagogie est centrée sur une démarche d’apprentissage personnelle de l’élève, dont elles visent le développement global.
  • des milieux éducatifs dynamiques, prônant une approche participative, communautaire et humaniste dans laquelle chaque intervenant (équipe de direction, enseignants, parents) joue un rôle actif dans l’épanouissement de l’élève. Source: repaq.org

Les écoles alternatives

  • 32 écoles, dont 28 primaires et quatre secondaires
  • 25 nouveaux projets d’école en cours de développement, dont quatre ou cinq sur l’île de Montréal
  • 6000 élèves répartis dans 19 commissions scolaires

Lisez le document
L’école publique alternative québécoise : ses conditions pour naître et de développer sur le site du RÉPAQ.

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