Métro Selon un document du CIRST, au Canada, «la participation aux études postsecondaires est fortement liée aux caractéristiques de la famille».

Autrefois, un papa médecin engendrait des enfants médecins; il était courant de suivre les traces de ses parents. Qu’en est-il aujourd’hui? Y a-t-il des avantages à choisir la même profession que son père ou sa mère?

Justin Trudeau serait-il à la tête du Parti libéral du Canada sans Pierre Elliott Trudeau? George W. Bush aurait-il pu être président des États-Unis sans son papa, George H. W. Bush? Adam Cohen vivrait-il de sa musique, n’eût été Leonard?

La question est bonne. Parce que les temps ont bien changé depuis l’époque où on était forgeron de père en fils. Recensements historiques à l’appui, le site de généalogie Ancestry.co.uk concluait en 2013 qu’au XIXe siècle, un peu moins de la moitié des enfants suivaient les traces de leurs parents lorsque venait le temps de choisir un métier. De nos jours, la proportion s’est réduite pour atteindre 7%. Pour cause, les professions se sont démultipliées. Les parents sont aussi moins nombreux à conseiller à leurs enfants d’exercer le même métier qu’eux.

Il y a certainement quelques petits inconvénients à choisir la même profession que ses parents. Mais les avantages, eux, ne manquent pas non plus. Aperçu de la question.

Une histoire de réseau
L’enfant profite de plusieurs avantages lorsqu’il se lance dans le sillage de son géniteur, notamment celui d’avoir accès à son réseau de contacts. Pensons à un grand journaliste d’enquête: à qui donnera-t-il son calepin d’adresses lorsqu’il prendra sa retraite? À sa descendance, assurément.

Qu’il cherche à devenir avocat, comptable ou pharmacien, fiston a aussi tout à gagner à déjà connaître le milieu dans lequel il évoluera. Encore plus lorsqu’il souhaite se lancer dans une carrière dont la stabilité est incertaine.

Lorsqu’un parent travaille dans un milieu non conventionnel – pensons à un musicien classique, par exemple –, il est certainement bien placé pour conseiller ses enfants sur la viabilité de ce choix. À l’inverse, essayez de convaincre des parents médecins que leur enfant peut être coiffeur… Cela peut parfois relever du miracle!

Un problème de pression
Dans certains cas, choisir la profession de ses parents n’est pas tout à fait un «choix» non plus. Des parents pressent leurs enfants de suivre leurs traces… ou de faire mieux qu’eux. On n’a qu’à penser à l’augmentation du nombre de suicides et de dépressions chez les jeunes étudiants dans la Silicon Valley. Quoiqu’on ne s’explique pas tous les facteurs de cette aggravation, la pression que les parents exercent sur leurs enfants pour que ceux-ci excellent en fait partie. Les enfants ne s’imaginent pas faire mieux que leurs parents, qui eux sont déjà au sommet.

Personne n’y échappe
Peur de décevoir, pression des proches à suivre leur voie, résistance au «destin familial»… les sentiments se mêlent au moment de faire un choix de carrière et empêchent parfois les enfants de prendre une décision éclairée. Mais les preuves sont là: les parents, de par leur nature sociale, influencent le choix de carrière de leur progéniture. Et même si fiston ne devient pas avocat comme maman, le chemin est tout de même en partie tracé d’avance.

Un document du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST), intitulé «L’influence des déterminants sociaux et culturels sur les parcours et les transitions dans les études postsecondaires», signale qu’au Canada, «la participation aux études postsecondaires est fortement liée aux caractéristiques de la famille: le revenu des parents, leur scolarité et leur profession». Comme quoi, la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre.

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