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Travailler et étudier en même temps est le lot de près de la moitié des étudiants québécois. Au-delà d’un certain seuil, cependant, l’emploi qu’occupe l’étudiant nuit à la qualité de ses travaux scolaires. L’équilibre est encore plus difficile à atteindre pour les jeunes aux études postsecondaires.

Au Québec, 42% des jeunes de 15 à 24 ans qui poursuivent études à temps plein occupent un travail rémunéré durant l’année scolaire, selon l’Institut de la statistique du Québec. Non seulement les Québécois sont parmi les plus nombreux à travailler au pays, mais ils présentent la moyenne hebdomadaire la plus élevée, avec 14,7 heures travaillées. Ceux travaillant plus de 24 heures par semaine représentent même 6,2% de la population étudiante. Au-delà du seuil des 15 à 20 heures de travail par semaine, les performances scolaires seraient cependant affectées, selon diverses études.

Or, il s’agirait d’un mythe, selon Luc Laberge, professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi, et Pascal Lévesque, du Conseil régional de prévention de l’abandon scolaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Selon eux, la qualité du travail serait un facteur plus déterminant. Les étudiants auraient de la difficulté à s’adapter aux contraintes physiques et psychologiques du travail, ce qui les rendrait plus vulnérables aux accidents de travail et affecterait leur persévérance scolaire.

L’aptitude à réussir sa conciliation travail-études dépendrait également de l’âge de l’étudiant, de sa facilité à l’école et des contraintes liées au travail, selon les Instances régionales de concertation sur la persévérance scolaire et la réussite éducative du Québec. Le chercheur Pierre Canasius Kamanzi, du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie de l’UQAM, a quant à lui observé que les hommes sont plus enclins à abandonner leurs études au premier cycle universitaire s’ils occupent des emplois bien rémunérés ou s’ils travaillent plus de 16 heures par semaine.

De bons côtés
Selon le Réseau réussite Mont­réal, un étudiant qui travaille seulement 12 heures par semaine, mais qui se trouve en difficulté scolaire ou n’a pas un horaire de travail flexible, n’aura pas une meilleure performance académique qu’un étudiant travaillant 20 heures par semaine.

Travailler environ 15 heures par semaine est toutefois plus bénéfique que de ne pas travailler. Cela permet à l’étudiant de développer son sens de l’organisation et des responsabilités pour jongler avec les différents aspects de sa vie. «J’ai remarqué que travailler pendant mes études m’aide vraiment à organiser mon temps, parce que ça m’en laisse moins pour faire mes travaux et donc pour procrastiner», affirme Justine Montminy, qui détient un certificat en langue allemande et termine actuellement un baccalauréat en communications.

Trouver l’équilibre
Organiser son horaire de travail en fonction de ses études et de la variation de la charge de travail scolaire est la clé. Par exemple, la fin de session d’automne correspond souvent avec l’augmentation du magasinage du temps des Fêtes. Plutôt que de multiplier le nombre d’heures au boulot, l’étudiant devrait se concentrer davantage sur ses examens à venir. Un employeur compréhensif et flexible est également un facteur déterminant de la réussite scolaire.

Pour parvenir à l’équilibre, il faut aussi tenir compte du temps nécessaire à l’étude et à la réalisation des travaux scolaires. Un choix s’impose également à l’étudiant qui désire participer à des activités parascolaires, qu’il s’agisse d’une équipe sportive ou d’une troupe artistique. Ces activités représentent des heures qui ne pourront être consacrées aux études, en plus du temps de travail.

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