Métro Aucune formation ni expérience requises, salaire d’entrée de 104 478$ et régime de retraite à faire rêver: devenir député, au fédéral ou au provincial, semble a priori un choix de carrière simple et avantageux.

Avec les élections fédérales en cours, il y a lieu de se demander si tout le monde peut devenir député… Faut-il avoir étudié en politique, ou est-ce une fonction réservée aux avocats?

Pas du tout, car si le domaine du droit produit à chaque élection son lot de candidats, il y a de la place pour la diversité.

Aucune formation ni expérience requises, un salaire d’entrée de 104 478$ et un régime de retraite à faire rêver… Devenir député, que ce soit au fédéral ou au provincial, est a priori un choix de carrière simple et avantageux. Il existe toutefois quelques exceptions, en particulier sur la scène fédérale.

Les shérifs, les sénateurs, les procureurs de la Couronne et les personnes purgeant une peine d’emprisonnement de deux ans ou plus sont inéligibles. Une autre catégorie de personnes n’a pas le droit de se présenter… les gens qui sont déjà députés dans une autre Chambre. En effet, jusqu’au début du XXe siècle, il arrivait que des députés cumulent des fonctions au sein de deux ou trois paliers de gouvernement. C’est maintenant interdit par la loi.

De la variété et des constantes
Stephen Harper est économiste, Philippe Couillard, neurochirurgien, Thomas Mulcair et Pierre Karl Péladeau ont tous deux une formation en droit. En cela, les quatre chefs de parti sont assez représentatifs de l’ensemble des députés québécois et canadiens.

Même si un grand nombre de premiers ministres du passé portaient le titre d’avocat, c’est loin d’être un prérequis. À l’Assemblée nationale, ils ne sont que 13 sur 125 députés élus à avoir pratiqué le droit ou le notariat. La proportion est similaire à la Chambre des communes, où 43 députés sur 308 ont exercé le métier d’avocat.

Si les juristes sont le groupe le plus représenté à Québec, à Ottawa, ce sont les entrepreneurs et les gens d’affaires qui raflent la palme. Lors de la formation de la 41e législature en 2011, ils étaient 81 (26% des députés) à appartenir à cette catégorie. La médecine et l’enseignement sont également des domaines bien représentés.

Des cas particuliers
Il existe cependant de nombreuses exceptions. La Chambre des communes accueille par exemple 14 agriculteurs, 12 journalistes et 13 ingénieurs. L’ancien ministre péquiste Claude Charron avait enseigné au cégep pendant un an avant de devenir, à 23 ans, le plus jeune député de l’histoire du Québec à l’époque. La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a été militante féministe et présidente de la Fédération des femmes du Québec avant de faire son entrée en politique active.

Certains événements politiques comme la vague orange de 2011 amènent sur les bancs des parlements des gens avec des expériences inattendues. Il y a quatre ans, six députés nouvellement élus étaient des étudiants n’ayant pas encore obtenu leur baccalauréat. La controversée députée de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, n’avait qu’une expérience d’aide-gérante.

Ce sont cependant des cas rarissimes. La plupart du temps, les partis ayant une chance de remporter une circonscription attireront des candidats connus et expérimentés. Pour les néophytes, il faut donc beaucoup de chance… et un peu de flair.

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