Getty Images/iStockphoto De plus en plus de Québécois retournent aux études à plusieurs reprises au cours de leur vie.

Certains attendent avec impatience la fin de leur parcours universitaire, mais d’autres aiment tellement apprendre qu’ils enchaînent les diplômes.Rencontre avec deux passionnées des études qui comptent bien fréquenter les salles de cours tout au long de leur vie.

«Mais je n’ai que trois bacs!» Voilà ce qu’a répondu Jennifer Kwon quand on lui a proposé de témoigner pour cet article. À 29 ans, cette avocate est déjà titulaire de deux baccalauréats en science politique et en sciences de l’Université McGill ainsi que d’un bac en droit, obtenu à l’Université de Montréal. Celle qui est aussi habilitée à enseigner la musique classique après des études de piano à l’école Vincent-d’Indy suit également, depuis trois ans, une formation en insolvabilité. Et en septembre, elle a entamé une maîtrise en sciences comptables à temps partiel! Deux cours hebdomadaires qui viennent s’ajouter à des semaines de travail oscillant entre 55 et 60 heures.

«Je me sens en contrôle quand j’étudie, alors qu’il y a des choses que je ne contrôle pas nécessairement au bureau.» – Jennifer Kwon

Ce sont ses études en science politique qui ont poussé la jeune Montréalaise à se tourner vers le droit. Une fois entrée chez Raymond Chabot Grant Thornton comme avocate spécialisée en insolvabilité, elle a continué à vouloir enrichir ses connaissances. «La société et la loi changent, on se doit d’être à la page, explique-t-elle. Et puis, pour être syndic de faillite, il faut comprendre les états financiers d’une entreprise afin de comprendre la situation dans laquelle elle se trouve, d’où l’intérêt de faire une maîtrise en sciences comptables.»

Nourrir sa carrière et sa curiosité

Et cet amour des études, elle est loin d’être la seule à le partager. Si tout le monde ne possède pas trois bacs comme elle, de plus en plus de Québécois se plongent dans les études à plusieurs reprises au cours de leur vie. En cinq ans, le nombre d’étudiants recevant de l’aide financière tout en ayant déjà un diplôme d’études postsecondaires a augmenté de 36%. Un phénomène qui s’explique par la volonté d’opter pour une voie professionnelle plus conforme à ses désirs ou par la nécessité de s’adapter à la réalité du marché du travail.

Jennifer Kwon est motivée par une volonté de garder une longueur d’avance dans un domaine professionnel ultracompétitif, mais pas seulement. «J’aurais pu en faire un peu moins, reconnaît-elle. Mais j’adore apprendre!»

La curiosité, c’est également ce qui anime Aline Ramos. Cette doctorante en philosophie médiévale et auxiliaire d’enseignement à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) n’a jamais cessé d’étudier. Après avoir obtenu un bac en philosophie et un autre en éducation au Brésil, son pays d’origine, cette trentenaire a obtenu deux maîtrises dans une université américaine : l’une en philosophie et l’autre en éthique et société. Au Brésil, elle avait aussi commencé des études de lettres en anglais et en portugais. Aujourd’hui, en parallèle avec son doctorat à l’UQAM, elle prépare un diplôme de spécialisation en étude de manuscrits à l’Université de Toronto.

«J’aime la stimulation intellectuelle et les échanges avec les gens que les études procurent.» – Aline Ramo

Le bonheur à l’université
Des choix dictés par des considérations professionnelles, mais aussi par le plaisir de rester étudiante. «Je me sens bien dans le milieu universitaire, souligne celle qui parle cinq langues. Je ne suis pas pressée de finir mon doctorat. J’aime la stimulation intellectuelle et les échanges avec les gens que les études procurent», explique Aline Ramos. Un sentiment que comprend bien Jennifer Kwon, qui regrette le temps où elle était étudiante à temps plein. «Si je pouvais, j’aimerais être étudiante à vie, indique-t-elle. Je me sens en contrôle quand j’étudie, alors qu’il y a des choses que je ne contrôle pas dans les dossiers que je traite au bureau.»

Ces deux accros au savoir comptent bien continuer à progresser sur le chemin de la connaissance. «Je ne m’arrêterai jamais, affirme Aline Ramos. Si j’avais plus de temps en ce moment, je continuerais à étudier le droit, la théologie ou encore l’histoire.» Même détermination du côté de Jennifer Kwon, qui se verrait bien suivre un cursus en mandarin ou suivre des cours de guitare: «Si je n’étudiais rien, cela me manquerait trop!».

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