Collaboration spéciale Geneviève Everell

«À dix-neuf ans, on m’aurait dit que ma vie serait ce qu’elle est aujourd’hui et je ne l’aurais jamais cru», dit d’entrée de jeu Geneviève Everell.

C’est que la jeunesse de l’entrepreneure de 29 ans, fondatrice de Sushi à la maison, auteure de deux livres de recettes et chef à l’émission Sushis à la folie (Zeste) ne laissait rien présager d’un tel succès. À Limoilou, où elle habitait avec sa mère et son beau-père, la violence, la drogue et l’alcool faisaient partie de son quotidien. Fonceuse, la jeune femme a finalement emprunté un chemin tout autre que celui qui semblait se dessiner pour elle. Entretien.

Avec le recul, comment percevez-vous votre enfance?
Je suis partagée. Évidemment, j’aurais aimé avoir une enfance un peu plus «ordinaire», moins parsemée de cris, de consommation d’alcool et de drogue, de déménagements, mais je ne serais pas la femme que je suis. Je ne dis pas qu’il faut vivre nécessairement des choses comme ça pour être plus forte, mais moi, dès mon jeune âge, j’ai dû être en mode solutions. Ça me sert énormément dans la vie. Je me suis construit mon petit conte de fées.

Quels éléments déterminants ont influencé votre parcours?
Vers 19 ans, quand j’ai rencontré ma belle-famille  de l’époque, on m’a dit : «Tu es capable, tu peux finir ton secondaire.» Ces gens-là ont cru en moi. Comme je ne voulais pas les décevoir, j’ai fini mon secondaire 5. Ils m’ont ensuite dit : «Tu es capable de conduire», et j’ai passé mon permis de conduire. Ce qui m’a aidée, c’est une accumulation de petits succès et la fréquentation de gens qui m’ont donné une petite tape dans le dos.

Les sushis ont aussi changé votre vie…
Oui, parce que j’ai découvert ma passion. Je me suis trouvée et réalisée là-dedans. Ça m’a tellement donné confiance en moi que je n’ai jamais voulu arrêter de me développer. Quand je donne des conférences à des jeunes, je leur parle de la possibilité de trouver des passions qui les réveillent vraiment. Avoir une passion peut sauver les gens.

Vous avez décroché à 15 ans, pour finalement finir votre secondaire 5 et poursuivre votre formation au Collège Radio Télévision de Québec. Qu’avez-vous à dire aux décrocheurs?
J’ai toujours été en cheminement particulier à l’école.  J’ai un déficit d’attention grave; c’était très ardu. Mais quand j’ai lâché l’école à 15 ans, j’éprouvais beaucoup de honte et d’incertitude face à mon avenir. Je me suis dit que je retournerais finir mes études plus tard. Si je n’avais pas réussi mon secondaire 5, je ne serais probablement pas ici aujourd’hui. C’est ma première réussite. C’est clairement ce qui m’a donné confiance pour m’inscrire ensuite au Collège Radio Télévision de Québec et pour tout ce qui a suivi. Si quelqu’un est moins à l’aise sur les bancs d’école et qu’il a la bougeotte, il peut quand même aller se chercher un permis de travail ou une formation dans un domaine plus physique. Ça donne de la confiance en soi. On ne fait jamais rien pour rien et on n’apprend jamais rien pour rien.

Sur votre site internet, vous parlez beaucoup de votre force intérieure…
Je sens que je suis alimentée par une espèce de drive intérieure indescriptible, que je souhaite à tout le monde. Sans prétention, je suis passionnée, je suis une personne qui aime les projets, une entrepreneure. J’en parle souvent, mais c’est difficile à décrire. Plein de choses se sont réveillées en moi.

Croyez-vous que tous les jeunes provenant de milieux défavorisés peuvent s’en sortir?
Ce n’est pas parce qu’on vient d’un milieu dysfonctionnel qu’on ne peut pas choisir. C’est facile de le dire, mais tu es la seule personne qui peut changer ta vie. Je crois qu’à force de l’entendre, on finit par l’assimiler. Je dis aux jeunes que je rencontre de se trouver des passions. Moi, je n’ai aucun plan d’affaires dans la vie; je suis une fille de cœur. Donc, j’écoute mon cœur et je fonce.

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Porteuse de lumière

Geneviève Everell est aussi l’une des ambassadrices de la campagne Portez la lumière de la fondation Lise Watier, lancée le mois dernier. Cette campagne vise à promouvoir la confiance en soi, le leadership féminin et l’autonomie financière des femmes.

«Moi, j’ai toujours tout fait toute seule, mais de l’aide aurait probablement été bienvenue», affirme l’ambassadrice.

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