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En 2012, les Massive Open Online Courses (MOOC) faisaient une entrée fracassante, promettant enfin à tous une véritable accessibilité.

Et pourtant, même s’ils sont offerts par des universités parfois très prestigieuses, leur bilan en termes de démocratisation de l’enseignement ne mérite pas un A+.

La frénésie des MOOC a commencé avec l’arrivée, en 2012, de Coursera, Udacity et edX, trois plateformes lancées par des professeurs de Stanford, du MIT et de Harvard. D’autres universités, comme HEC Mont­réal ou l’Université du Québec, leur ont emboîté le pas. Pouvoir suivre gratuitement, depuis son ordinateur, un cours donné par une sommité de Harvard a constitué une vraie révolution.

Pourtant, le taux élévé d’abandon en a fait déchanter plusieurs. En général, moins de 10 % des personnes inscrites vont jusqu’au bout des quelques semaines que dure un MOOC. L’absence du cadre structurant de l’université et le fait qu’il n’y a pas de diplôme à la clé pèsent sur la motivation des étudiants.

De plus, les MOOC sont surtout suivis par des personnes déjà éduquées. Matthieu Cisel, qui effectue une thèse sur les MOOC à l’École normale supérieure de Cachan, en France, l’a observé dans ses recherches. «La moitié des gens qui suivent un MOOC détiennent déjà une maîtrise», constate-t-il.

Malgré leurs lacunes, les MOOC restent une belle avancée. «Ils ont marqué une rupture. Grâce à eux, monsieur et madame Tout-le-monde peuvent se former eux-mêmes en ligne», estime M. Cisel.

Le nombre élevé d’abandons ne doit pas faire oublier l’innovation que représentent les MOOC. «Avec 35 millions d’apprenants, c’est la plus grande université au monde!» s’exclame Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les TIC en éducation à l’Université de Montréal, qui enseigne lui-même un MOOC sur les innovations technopédagogiques en enseignement supérieur, qui a démarré en septembre sur la plateforme Edulib, propulsée par HEC Montréal.

À défaut de conduire tout le monde sur le chemin de la connaissance, les MOOC permettent à des universités de dénicher les meilleurs étudiants, à qui elles offrent parfois des bourses. Un adolescent vivant en Mongolie s’est fait remarquer en obtenant d’excellents résultats à un MOOC donné par le MIT. Il a depuis intégré ce fleuron de l’enseignement supérieur américain.

Quant au contenu proposé par les MOOC, les deux experts sont unanimes sur sa qualité. «Elle est souvent supérieure à celle des cours traditionnels», estime Matthieu Cisel. Certaines universités consacrent des moyens considérables à la conception de leurs MOOC.

«Récemment, un MOOC sur la paléontologie a utilisé de la vidéo et des animations presque dignes de Jurassic Park», raconte Thierry Karsenti. Une débauche de moyens qui a eu le mérite de faire naître des passions pour l’étude des dinosaures, puisque certaines personnes ayant suivi ce MOOC se sont ensuite inscrites en paléontologie, mais dans une vraie université!

Encore jeunes, les MOOC doivent désormais gagner en efficacité. «La mode est passée, il faut penser en termes de publics captifs», pense Matthieu Cisel, qui rêve d’une réelle université numérique.

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