Métro Il est plus facile de reproduire ce qu’on a toujours fait que de tenter d’adopter une nouvelle approche.

L’innovation est la pierre angulaire du succès d’une entreprise. Mais aussi avant-gardistes que soient ses dirigeants, une organisation ne peut avancer qu’à la vitesse qu’acceptent de suivre ses membres. Voici quelques comportements d’employés qui font obstacle à l’innovation.

Lancer des phrases «créatricides»
«Ah non, ça, c’est impossible!» C’est le genre de formules qu’entend souvent Catherine Privé. «On les appelle des phrases “créatricides” parce qu’elles mettent un frein brutal à la réflexion et à l’imagination», explique la présidente d’Alia Conseil. Lancer ce genre de remarque au milieu d’une réunion a surtout pour conséquence d’inhiber la créativité des autres. Pour dépasser ces blocages, il faut s’allouer des périodes de temps exclusivement consacrées à la création dans lesquelles on ne rejette aucune idée.

Il faut aussi être plus ouvert aux jeunes, qui remettent souvent en question les comportements de leurs collègues. «Trop souvent, on les pousse à répéter ce que les autres ont toujours fait avant eux, alors qu’ils ont plein d’idées originales», déplore Catherine Privé.

Avoir le nez dans les chiffres
Dans chaque entreprise, il y a des rêveurs et des gestionnaires ayant une vision comptable. Il est facile de se limiter à analyser les entrées et les sorties d’argent. «Quand on ne considère que les chiffres et les résultats à court terme, on inhibe la créativité», prévient Catherine Privé. De plus, croire que tout va bien quand on réalise un profit est une erreur. «L’innovation, ce n’est pas de la gestion de crise.» Cela doit au contraire se faire sur une base régulière, que les choses aillent bien ou mal.

Travailler de la maison
Le télétravail tue la créativité, pense la conseillère en ressources humaines. «Tu ne peux pas innover tout seul, explique-t-elle. Les bonnes idées viennent en équipe dans des brainstormings où on se laisse aller.» De grandes entreprises comme Yahoo! et Bank of America ont d’ailleurs supprimé en partie ou totalement le travail à la maison parce qu’elles considéraient que les interactions entre les employés à l’intérieur du bureau étaient très importantes.

Avoir peur de ses collègues
La peur est l’ennemi numéro un du changement, rappelle Catherine Privé. «La première peur, c’est celle d’être puni si on tente quelque chose de nouveau.» La solution doit venir à la fois des employés, qui peuvent toujours consulter leur patron avant de prendre des initiatives, et des gestionnaires, qui doivent bien faire comprendre que la créativité est une qualité appréciée.

Dans les milieux compétitifs, il arrive également que des employés se retiennent d’évoquer de nouvelles solutions de peur de se les faire voler par un collègue. Bien documenter son travail et les changements qu’on apporte empêchera quelqu’un d’autre de s’approprier ces nouvelles idées.

Le changement fait peur. Il est plus facile de reproduire ce qu’on a toujours fait que de tenter d’adopter une nouvelle approche. Il est pourtant essentiel pour les entreprises de se renouveler. C’est pourquoi employés comme patrons doivent être capables de reconnaître les comportements qui mettent un frein à l’élan de ceux qui souhaitent aller vers l’avant.

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