Métro Le désir d’engagement des employés envers leur entreprise ne s’achète pas avec des primes à la performance.

À l’heure où les entreprises carburent aux statistiques de rendement et à l’exploration de données, Peter Hart, spécialiste de la reconnaissance au travail, propose une approche de gestion radicalement différente: replacer l’humain au cœur de l’entreprise. Entretien.

«Il y a une crise de talent, lance Peter Hart. C’est de plus en plus difficile d’engager et de retenir son personnel. Pas seulement au Québec, mais aussi dans el reste du Canada et aux États-Unis.»

Selon un sondage de l’organisation WordAtWork, 37% des chefs d’entreprise considèrent que le recrutement sera un problème majeur dans l’avenir. D’où peut-être la popularité des programmes de récompenses des employés.

Peter Hart croit toutefois que le désir d’engagement des employés envers leur entreprise ne s’achète pas avec des primes à la performance. «C’est aussi nécessaire d’avoir une culture d’entreprise qui attire et retient les meilleurs travailleurs.»

Cette culture d’entreprise, que Peter Hart veut plus «humaine», constitue le propos d’Artistes de l’humain, un livre qu’il a écrit avec David Zinger, lui aussi conseiller en matière d’engagement des employés.

Des employés qui existent
Le changement de culture que propose Peter Hart ne demande pas une refonte complète de l’organisation. Il s’agit d’abord d’un changement d’attitude. «Ce peut être aussi simple que de saluer ses employés lorsqu’on les croise dans le corridor. Prendre le temps de les saluer et de leur sourire.»

Comme son titre l’indique, le livre invite les patrons à s’inspirer de la démarche d’un artiste afin d’ouvrir leurs sens pour entrer en relation avec leurs employés, selon cinq piliers: voir, écouter, parler, donner, être bienveillant.

Peter Hart donne ces quelques exemples: voir le progrès d’un employé, écouter les critiques sur sa propre gestion, parler avec plus de transparence du bilan de l’entreprise, donner de son temps, prendre soin de ses employés, et ainsi de suite.

«Le but est de reconnaître les employés non seulement pour ce qu’ils font, mais aussi pour ce qu’ils sont, explique Peter Hart. C’est important de les nommer par leur nom et de reconnaître qu’ils existent.»

Le livre est une invitation à se dépasser en tant qu’humain. Les patrons sont appelés à tisser des relations de travail plus étroites, afin de «mieux gérer leurs employés et de faire ressortir le meilleur chez ceux-ci».

Ne pas confondre le gâteau avec le crémage
Peter Hart ne propose pas d’éliminer les programmes de récompenses financières implantés au sein des corporations, tant s’en faut. Il croit toutefois qu’il faut les prendre pour ce qu’elles sont: la cerise ou le crémage sur le gâteau.

«La reconnaissance que l’on communique à ses employés, par des gestes et des mots, devrait être l’élément central de notre effort; le gâteau, en quelque sorte. Les récompenses financières, comme les primes ou les cartes-cadeaux, viennent après. C’est le crémage.»

Voilà donc à quoi ressemble une organisation plus humaine, aux yeux de Peter Hart.

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