Métro Un changement de programme est toujours bon quand il est nécessaire.

«Tous les chemins mènent à Rome», disent les Romains. Tous les chemins finissent par mener à une carrière, pourrait-on aussi dire, même si c’est plus sinueux et long que prévu.

Si certaines personnes savent depuis toujours ce qu’elles veulent faire dans la vie, d’autres, en revanche, devront changer de programme quelques fois avant de trouver leur voie.

«Choisir un programme d’études, c’est comme choisir un moyen de transport pour se rendre à une destination», illustre Karine Donnelly, conseillère d’orientation au Centre étudiant de soutien à la réussite (CÉSAR) de l’Université de Montréal, comparant le projet de carrière à la destination. Certaines personnes choisissent un moyen de transport sans connaître leur destination.» En début, milieu ou fin de programme, ces passagers constatent souvent qu’ils ne sont pas à la bonne place.

Certains étudiants arrivent à l’université avec un plan de carrière bien défini pour finalement désenchanter. «Alors que son identité s’est formée autour de ce projet de carrière, une forme de deuil s’impose», explique Mme Donnelly.
Dans les deux cas, un temps de réflexion et un processus d’orientation sont nécessaires, fait valoir la conseillère d’orientation. «Ce processus en devient souvent un de connaissance de soi, dit-elle. Pour savoir ce qu’on veut faire dans la vie, il faut savoir ce qu’on aime et ce qu’on n’aime pas et connaître ses forces et ses faiblesses.»

«C’est parfois la peur de s’engager dans un projet ou la peur du marché du travail qui poussent des étudiants à changer de programme. On parle alors de décrochage professionnel.» -Karine Donnelly, conseillère d’orientation au Centre étudiant de soutien à la réussite de l’Université de Montréal

Des changements parfois bons, parfois mauvais
Même si on préfère éviter ces détours dans un parcours scolaire, ceux-ci peuvent avoir de bons côtés. Plus que des diplômes, chaque formation amène son lot de connaissances et d’expériences aux étudiants. «Certaines formations qui ne sont pas complétées peuvent aussi être transformées en mineure ou en majeure», fait valoir Mme Donnelly.

Et selon elle, un changement de programme est toujours bon quand il est nécessaire. «Quand un étudiant ne se sent pas à sa place dans un programme, il ne doit pas y rester», dit-elle. Des changements de programme à répétition peuvent par ailleurs être mauvais lorsqu’ils cachent un mécanisme d’évitement. «C’est parfois la peur de s’engager dans un projet ou la peur du marché du travail qui poussent des étudiants à changer de programme, souligne-t-elle. On parle alors de décrochage professionnel.» Pas de remède miracle encore une fois : un temps de réflexion et de consultation est aussi nécessaire.

«Un choix de carrière doit être nourrissant, affirme Karine Donnelly. Mieux vaut prendre le temps de se questionner, de consulter, de trouver ses passions et changer de programme que de rester à un endroit qui ne nous plaît pas.»

Témoignage: «Chercher sa voie»

CAHIER_Julielecompte_c100«Quand je suis arrivée au cégep, je savais ce que je n’aimais pas, mais je ne savais pas ce que j’aimerais faire dans la vie», raconte Julie Lecompte. Son cheminement scolaire sera alors marqué par la recherche de sa voie. Récit.

Après avoir complété son DEC en sciences humaines, Julie Lecompte ne savait toujours pas ce qu’elle voulait faire. Après une période de réflexion de six mois, elle s’inscrit en littérature française à l’Université Laval. «J’ai détesté dès la première session!» se souvient-elle en riant.
Perdue, elle se tourne donc vers un conseiller d’orientation. «Il m’a fait passer des tests et on a vu que j’avais un intérêt pour les sciences sociales», dit-elle.

Elle s’inscrit alors au certificat en toxicomanie et s’y sent davantage à sa place. Elle le termine et s’inscrit ensuite au certificat en santé mentale à Montréal. C’est lorsqu’on lui demande de choisir la clientèle avec laquelle elle voudrait travailler que les choses se corsent. «Je ne me voyais ni travailler avec les enfants, ni avec les ados, ni avec les personnes âgées, se souvient-elle. Je me suis remise en question. J’ai terminé mon certificat et j’ai tout mis sur la glace.»

«On a tendance à valoriser les gens qui ont fait très rapidement leur parcours scolaire, mais ce n’est pas important. Il faut chercher sa voie et ne pas abandonner.» -Julie Lecompte

Julie Lecompte occupe ensuite divers emplois qui ne sont pas liés à ses études, dont des postes administratifs dans la fonction publique. «Je ne suis pas passionnée par ce que je fais, mais j’aime quand même mon travail et surtout mes collègues», affirme-t-elle. La quête de la jeune femme n’est pas terminée pour autant. «Pour moi, c’est important de trouver l’emploi qui me passionnera, peu importe le temps que ça prendra.»

La jeune femme de 29 ans vient  de s’inscrire à temps partiel au certificat en criminologie. Avec le bac par cumul qu’elle aura ensuite en poche, elle voudrait travailler auprès des détenus dans les services correctionnels.

«On a tendance à valoriser les gens qui ont fait très rapidement leur parcours scolaire, mais ce n’est pas important, fait-elle valoir. Il faut chercher sa voie et ne pas abandonner, car il n’y a selon moi rien de pire que d’être malheureux au travail pendant 35 ans.»

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