Getty Images/iStockphoto Le passé est garant de l’avenir, et garder un emploi plusieurs années est véritablement une preuve de loyauté.

Vous collectionnez les employeurs dans votre CV? Quels effets ont ces changements d’emplois fréquents sur la perception qu’a de vous le recruteur? Et sur votre avenir professionnel?

Mylène Beaudoin, experte en recherche d’emplois et en recrutement, apporte son éclairage sur le saute-mouton professionnel.

«Il existe plusieurs façons d’interpréter cette situation pour le recruteur, explique-t-elle d’entrée de jeu. L’important, pour le candidat, c’est d’en être conscient et de se préparer à répondre aux appréhensions de la personne qui l’interviewe dans le but de rassurer et de convaincre le futur employeur.»

Le pour

Les changements fréquents peuvent dans certains cas démontrer une bonne capacité d’adaptation et un plan de carrière sérieux. «Si le candidat est en mesure de bien les justifier et que sa personnalité cadre avec l’équipe et le supérieur, il est logique de lui donner sa chance, continue-t-elle. Un candidat, ce n’est pas seulement un historique d’emploi, c’est un package!»

L’employé peut donc réellement en tirer avantage dans son argumentation si les transitions sont expliquées par l’ambition et par une progression dans sa carrière. Les changements sont alors présentés comme stratégiques.

Le contre

Le passé est garant de l’avenir, et garder un emploi plusieurs années est véritablement une preuve de loyauté. À l’inverse, le saute-mouton professionnel peut traduire un manque de stabilité, de professionnalisme ou même de compétence. L’employeur investit dans la formation et la mise à niveau d’un nouvel employé en espérant le voir évoluer à long terme au sein de l’entreprise, il est donc normal qu’il ait des réserves face à des changements trop nombreux.

«Certaines entreprises ont des barèmes discriminatoires en ce sens. Par exemple, les candidats ayant dans leur CV des expériences d’emplois d’une durée inférieure à trois ans ne seront pas appelés en entrevue», souligne Mme Beaudoin.

Aujourd’hui, les employés changent d’emploi en moyenne aux trois ou quatre ans. Les recruteurs doivent donc relativiser et s’adapter aux nouvelles réalités du marché du travail. En revanche, il est certain qu’un sérieux doute (red flag dans le jargon des recruteurs) se dressera presque toujours si le candidat a occupé plusieurs emplois d’une durée inférieure à un an.

Conseils en vrac

  • «Si votre contrat se termine à cause d’un conflit avec l’employeur, ou encore si votre poste a été aboli après quelques mois et que vous n’avez pas besoin des références, je vous conseille de ne pas ajouter ce poste à votre CV. En tant que recruteur, je peux accepter un blanc de un à quatre mois dans une carrière.»
  • «J’encourage souvent les candidats à accepter des postes temporaires, puisque 4 sur 10 débouchent sur un poste permanent. Si vous cumulez des contrats à durée déterminée, il est sage d’indiquer clairement la raison du mandat, par exemple remplacement de congé de maternité ou encore poste saisonnier.»
  • «Soyez honnête! Les recruteurs vérifient les références, surtout lorsqu’ils ont des doutes sur les raisons de départ.»

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