Chantal Levesque/Métro Marie Perrault

Entre ses études de maîtrise en science politique à l’Université de Montréal, son travail d’auxiliaire de cours et l’animation de son émission de radio à CISM, Marie Perrault a bien peu de temps à elle. Néanmoins, chaque semaine, cette Montréalaise de 24 ans consacre quatre heures à Suicide Action, où elle est bénévole depuis près de deux ans.

Pourquoi avoir choisi de vous impliquer à Suicide Action?
Une de mes très bonnes amies était bénévole là-bas et m’en a beaucoup parlé. À la base, je n’ai jamais été une fille qui s’impliquait énormément. Mais cette cause-là m’a vraiment interpellée. En étant bénévole à Suicide Action, on contribue vraiment à changer les choses. Les quatre heures par semaine investies là-bas ont un impact direct et instantané sur la vie de certaines personnes. La formation qu’on reçoit nous donne des outils extraordinaires.

Quel est votre rôle?
C’est du travail de première ligne. Avec d’autres bénévoles, dans la salle d’intervention téléphonique, je prends les appels de gens qui sont en crise suicidaire. En fait, il y a trois types de clientèle : les personnes suicidaires, leurs proches et les endeuillés. On procède à des interventions très structurées, adaptées aux besoins de ceux qui nous appellent. On arrive parfois à désamorcer la crise au téléphone. C’est vraiment un sentiment magnifique. À d’autres occasions, si on ne peut pas faire autrement, on envoie des secours à la personne. On fait le lien avec la police, les ambulanciers, les urgences santé et les centres de crise.

Je fais aussi des rencontres individuelles ou en petit groupe avec les proches de personnes suicidaires. Les proches sont souvent stressés, épuisés et démunis. Lors de ces rencontres, on va plus en profondeur et on leur donne des outils.

«Les quatre heures par semaine investies [à Suicide Action] ont un impact direct sur la vie de certaines personnes.» -Marie Perrault, étudiante et bénévole

Sur le plan personnel, comment arrivez-vous à gérer les interventions difficiles?
C’est sûr que ce n’est pas facile. Au début surtout, on a un stress de performance et on a peur de faire une erreur monumentale si on dit la mauvaise chose. Avec l’expérience, on apprend qu’il suffit de décrocher le téléphone pour changer les choses. Parfois, il y a des appels plus durs que d’autres, des gens qui, pour une raison X, viennent nous chercher davantage. Lorsqu’il y a un appel difficile, il y a toujours quelqu’un au service d’intervention téléphonique avec qui on peut parler.

Mais il y a aussi de très beaux moments. Des gens rappellent pour dire merci. Il n’y a pas de mots pour qualifier ce que ça fait. Il y a quelque chose de quasiment égocentrique dans le bénévolat. Tu fais du bien aux autres, mais tu reçois tellement à travers ça.

En rafale

Vos prochaines vacances?
Une semaine de canoë-camping avec des amis quelque part au Québec.

Ce que vous écoutez présentement dans votre iPod?
Le nouveau CD de Dead Obies.

Une lecture marquante?
L’Avenir de la mémoire, de Fernand Dumont.

Ce que vous faites pour décrocher?
Je sors de Montréal pour faire du plein air ou juste pour aller dans une autre ville.

Une fois par mois, Métro propose, en collaboration avec le Conseil jeunesse de Montréal, des portraits de jeunes inspirants.

L’émission TCF – Le bulletin a produit une version  télévisuelle de ce reportage. L’entrevue est disponible ici.

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