Métro Pour se remettre d’une journée de travail, la récupération externe constitue une bonne solution : soirées, week-ends, vacances. Les chercheurs parlent aussi de récupération interne : de simples pauses pendant la journée au boulot.

Après une dure journée de travail, un temps d’arrêt ne veut pas nécessairement dire qu’on se repose.Et un moment de repos ne signifie pas non plus qu’on récupère. Selon plusieurs études, la résilience au travail passe par une bonne capacité à récupérer, soit à se remettre des efforts déployés dans sa journée de travail.

Il est 15 h. Encore deux heures au boulot… mais vous cognez des clous, votre esprit fuit et vous n’avez plus aucune motivation. Pourquoi votre performance est-elle donc atteinte à ce point?

En entreprise, la faible productivité a un coût. On lui attribue des pertes annuelles de 62 G$ (!) pour les entreprises. La cause? Des travailleurs incapables de récupérer après leur journée de labeur.

Des chercheurs dans les domaines de la santé, des sciences du sport et de la psychologie organisationnelle se sont intéressés à ce «besoin de récupération» chez les travailleurs. Il se fonde sur un concept simple. Le travail exige des efforts durant la journée de travail; si le travailleur a assez de temps pour récupérer, il se présentera au boulot le lendemain matin sans le moindre «symptôme résiduel» de sa journée précédente. Cependant, sans la possibilité de vraiment faire le vide et d’oublier les tâches en cours, donc de récupérer l’énergie déployée, on ne peut pas espérer être performant au travail à long terme.

S’épuiser plutôt que récupérer
Surcharge de travail et épuisement sont ainsi le contraire de la résilience au boulot. Inutile de faire des nuits blanches ou de se forcer à travailler des heures supplémentaires lorsque le corps crie sa fatigue. La performance au travail ne fera qu’en souffrir.

Les recherches démontrent qu’une récupération déficiente accroît les risques d’accidents sur les lieux de travail. Et le manque de sommeil est coûteux : on le chiffre à 11 jours perdus par employé chaque année. À ce compte, il vaudrait mieux prendre deux semaines de vacances supplémentaires.

À l’instar du corps après une séance de sport intensive, le cerveau a besoin de repos après une journée de travail bien remplie. Donc, si vous êtes particulièrement efficace une journée, vous aurez besoin de davantage de temps de récupération pour vous requinquer. Sinon, c’est l’épuisement professionnel qui vous guette.

Le sommeil, cet allié
Pour se remettre d’une journée de travail, il y a la récupération externe : les soirées, les week-ends, les vacances.

Une étude menée en 2012 auprès de 1 307 infirmières a démontré que celles qui se plaignaient d’insomnie, de sommeil insatisfaisant ou insuffisant et de somnolence au travail avaient davantage besoin de récupération après le travail. Ainsi, comme on peut s’y attendre, une bonne nuit de sommeil entre deux journées de travail (durant lesquelles vous n’aurez pas rêvé au boulot) a des effets miraculeux sur la récupération du travailleur.

Bouger pour récupérer
Les chercheurs parlent aussi de récupération interne, à laquelle on parvient en faisant  des pauses pendant sa journée de travail. Les moyens? Rotation entre diverses tâches, pauses café, changement de posture, etc.

Et comment optimiser les moments de récupération lorsqu’on est exténué? Une étude publiée en 2015 dans le Journal Of Physical Activity & Health a démontré qu’une journée active entraîne un moins grand besoin de récupération après le travail.

Il est donc recommandé de passer du temps debout plutôt qu’assis, de monter et descendre les escaliers, de faire une pause dîner active, de se réserver une période de relaxation au travail et de se détacher de ses tâches une fois revenu à la maison. Conclusion : plus on s’aère l’esprit, plus la récupération est facile. Et plus la récupération est réussie, plus la performance sera grande le lendemain.

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