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À vouloir trop encadrer leurs activités, est-ce que les parents nuisent au développement de leurs enfants? Professeur au Département des sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Trois-Rivières, Mathieu Point pense que oui.

M. Point et son collègue Claude Dugas ont créé un cours en ligne qui explique l’importance du jeu libre pour le développement de l’enfant.

«Les enfants sont de plus en plus encadrés et dirigés, constate M. Point. On les inscrit dans des activités et ils ont un horaire très chargé. Même quand ils sont à la garderie, ils ont un horaire chargé. Ce qu’on remarque en faisant des recherches, c’est que le jeu libre, de préférence à l’extérieur, est important pour le développement de l’enfant.»

Selon le professeur, c’est par le jeu libre que les enfants se développent et apprennent le plus de choses. «Le jeu libre, c’est tout simplement que l’enfant décide de ce à quoi il joue, quand il joue et avec qui il joue, explique M. Point. Souvent, les parents donnent des jeux à faire à leurs enfants, mais ne participent pas aux jeux que leurs enfants ont choisis de faire. Les adultes doivent attendre que l’enfant l’invite à jouer avec lui. Il ne faut pas que l’adulte impose son jeu à l’enfant, mais qu’il embarque dans le jeu de l’enfant.»

La place des activités structurées

Ce dernier précise toutefois qu’il ne faut pas être que blanc ou noir. Il est d’avis que les activités structurées sont aussi bonnes pour le développement de l’enfant parce qu’elles permettent de choisir des apprentissages précis pour l’enfant.

«Actuellement, il y a une grosse proportion des activités qui sont structurées. Idéalement, il faudrait arriver à un sain équilibre. Il faut augmenter la place du jeu libre. Les parents ont aussi un travail de réflexion à faire sur le sujet. Généralement, les parents exigent beaucoup, mais ils doivent laisser les enfants être des enfants», croit M. Point.

«C’est correct de laisser un enfant s’ennuyer un peu, ajoute-t-il. Quand on enfant s’ennuie, il est poussé à développer sa créativité et à se servir de ce qu’il a autour de lui pour s’amuser et briser cet état d’ennui. Il ne faut pas toujours vouloir absolument occuper l’enfant. Il va s’occuper par lui-même.»

Surmédiatisation des accidents

Pourquoi les parents sont-ils plus enclins à encadrer les périodes de jeu de leurs enfants? «Je pense que c’est le fruit d’une surmédiatisation des accidents, indique le professeur. Chaque fois qu’il y a eu un problème, on a mis l’emphase sur le problème en laissant de côté tous les bienfaits du jeu dont il était question. Les règlements en garderies sont pratiquement tous faits à partir d’un cas problématique. On agit souvent sur des cas particuliers et c’est dommage.»

«Il est important de prévenir le danger, mais la prise de risque est nécessaire au développement de l’enfant, poursuit-il. La prise de risque chez l’enfant, c’est par rapport à ses capacités, à ses habiletés. L’enfant lui-même sait s’il prend un risque ou pas. Ce n’est pas à l’adulte de décider si c’est une prise de risque ou pas pour l’enfant. L’adulte doit décider si c’est un danger et l’enfant doit décider s’il prend un risque ou pas.»

La ligne entre les deux n’est souvent pas évidente à tracer. Mathieu Point soutient que les enfants savent s’ils prennent un risque ou pas. «Ils vont faire le choix en fonction de ça. Par exemple, s’il n’est pas capable de grimper sur un module de jeux très haut, il n’ira pas. C’est laisser l’enfant d’être maitre de ses apprentissages», dit-il.

Quant aux services de garde, M. Point considère qu’ils font du bon travail, bien que l’on gagnerait à ce que l’accent soit mis davantage sur le jeu libre à l’extérieur. «Ça se fait déjà, mais ce serait bon d’aller plus loin et de varier les environnements de jeux extérieurs», conclut-il.

À propos du cours en ligne

Le cours en ligne est gratuit. Il débutait le 2 novembre et est d’une durée de cinq semaines. Du contenu nouveau sera accessible chaque semaine.

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