Getty Images/iStockphoto L’offre de produits «pour adultes seulement» croît, en particulier dans le secteur du voyage.

Qu’est-ce qui incite certaines personnes à choisir un mode de vie sans enfants? Métro s’est intéressé à la question.

Longtemps tabou, le refus de donner la vie est devenu tendance. Plus encore: il s’agit d’un marché de niche que s’approprient certains commerçants.

Avant que Jennifer Aniston ou Audrey Tautou n’annoncent qu’elles n’auront jamais d’enfant, ce mode de vie commençait déjà à émerger dans les années 1980. Et ça continue avec l’apparition d’«adulescents», ces enfants ou petits-enfants de baby-boomers qui voient la (sur)consommation comme une forme d’expression et qui, peut-être dans le contexte des crises économiques, ont changé leurs objectifs de vie. Ces personnes ne se voient plus dans une maison avec des enfants et un chien. D’ailleurs, elles quittent souvent le nid familial sur le tard et préfèrent voyager.

Le stéréotype voulant qu’une femme sans enfants n’ait pas d’avenir a ainsi peu à peu disparu. «Cette génération fait tout ce qu’elle peut pour ne pas sortir de sa zone de confort, croit la psychologue Annie de Acevedo. Élever un enfant demande beaucoup d’efforts. Les nouvelles générations sont égocentriques; ce sont des enfants qui ne veulent pas grandir ni devenir des adultes mais qui ont au moins la maturité d’admettre qu’un enfant ne peut pas entrer dans ce mode de vie. Au fond, c’est sain.»

«Pour adultes seulement»
Le marché semble vouloir en profiter: aux États-Unis, une étude menée par la firme DeVries Global en 2014 auprès de 2000 femmes (dont la moitié n’étaient pas mères) a montré que celles-ci dépensent davantage en produits de soins et en cosmétiques. Compte tenu du fait qu’il s’agit d’une population en croissance, on ne s’étonne plus de voir croître l’offre de produits «pour adultes seulement».

Quand on fouille, on trouve un peu de tout, en particulier dans le secteur du voyage. En Espagne, les 14 ans et moins ne sont pas admis dans certaines voitures de train. La compagnie aérienne indienne IndieGo a quant à elle désigné certaines zones interdites aux moins de 12 ans, tout comme Scoot et Malaysia Airlines.

Certains hôtels, par exemple l’Ojai Resort, en Californie, ont carrément banni les enfants, alors que d’autres tolèrent leur présence à certains moments précis. Les sites comme TripAdvisor commencent d’ailleurs à les regrouper sous un même onglet.

Peut-on parler de discrimination? Pas si on pose la question à Annie de Acevedo. «À l’inverse, les parents disposent de certains lieux réservés aux familles», soutient-elle.

C’est aussi l’avis du restaurateur australien Lyam Flynn, qui a interdit l’accès de son restaurant aux enfants en dépit des critiques. Il répond avoir pris cette décision à la demande de clients.

Chose certaine: si vous ne pouvez pas tolérer la présence d’enfants, vous n’êtes pas seul.

Être maman, le meilleur rôle possible?

Entretien avec Karen Malone, créatrice du blogue Not.Mom.

Croyez-vous que les lieux réservés aux adultes sont la preuve que le monde jette un regard nouveau sur les gens qui ne veulent pas d’enfants?
Dans le domaine de la publicité, on voit que les entreprises veulent participer à la tendance. Cela dit, je pense qu’il y a une manière efficace d’aménager des espaces «sans enfants».

Pourquoi la nouvelle génération est-elle plus encline à affirmer ouvertement ne pas vouloir fonder de famille?
L’internet facilite les choses. Avant les médias sociaux, il était facile de se sentir isolé: dans la vraie vie, les non-parents sont difficiles à trouver. C’est aussi devenu de plus en plus accepté socialement.

Il y a quand même toujours quelqu’un pour dire à une femme qui fait ce choix qu’elle est égoïste et que les enfants sont le plus beau cadeau du monde. Après tout, la maternité a toujours été présentée comme le meilleur rôle pour les femmes…

Aussi dans Vivre :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!