Plusieurs millions de femmes dans le monde prennent la pilule contraceptive pour éviter de tomber enceintes. Pourtant, on l’accuse de plusieurs maux, dont celui de causer le cancer. Le point.

Comme plusieurs cancers «se nourrissent» d’hormones, les contraceptifs oraux se sont retrouvés sur la sellette dès leur apparition sur le marché, dans les années 1960. D’importantes organisations de santé contribuent également à la réflexion.

Par exemple, la Société canadienne du cancer associe les contraceptifs oraux à des facteurs de risque connus pour le cancer du sein. L’organisation mentionne également une légère augmentation du risque de cancers du col de l’utérus et du foie. Le Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) signale par ailleurs que les déséquilibres hormonaux engendrés par certains contraceptifs peuvent augmenter le risque de quelques cancers.

Un risque, mais encore?
Tout médicament peut avoir des effets secondaires, et la 
pilule ne fait pas exception. Ce genre de risques varie 
cependant selon le dossier médical et la génération d’anovulants étudiés.
«Les doses d’hormones dans les pilules d’aujourd’hui sont beaucoup moins élevées que celles dans les pilules des années 1960-1970», indique Ema Ferreira, pharmacienne et vice-doyenne de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal. Et souvent, le risque est si faible qu’il n’est pas alarmant en soi.

Ainsi, la Société canadienne du cancer tempère le risque de cancer du sein en précisant qu’il y aurait environ 2 cas additionnels pour chaque 10 000 femmes prenant la pilule, si celle-ci est prise avant la première grossesse menée à terme. 
Selon l’organisation, l’hérédité et le mode de vie une plus grande incidence.

Même son de cloche du côté de l’OMS, qui conclut que la majorité des études indiquent des risques très faibles pour la plupart des femmes.

Selon Mme Ferreira, la meilleure référence reste le Consensus canadien sur la contraception. La dernière version, publiée en mai 2017, est formelle : «Selon les plus récentes études épidémiologiques, le risque de cancer du sein et de mortalité due au cancer du sein n’est pas plus élevé chez les utilisatrices de contraceptifs oraux combinés (COC) que chez les non-utilisatrices. L’utilisation d’anovulants par les porteuses du gène du cancer du sein BRCA1 ou BRCA2 est controversée, mais elle semblerait être associée à une diminution du risque de cancer de l’ovaire et ne pas augmenter le risque de cancer du sein.»

En effet, on oublie souvent que la pilule fait plus qu’empêcher l’ovulation : 
elle prévient aussi certains cancers. Une équipe de chercheurs britanniques qui a examiné les effets à long terme (pendant 44 ans!) des contraceptifs oraux sur la santé en est venue à la conclusion que la plupart des femmes qui prennent la pilule ne sont pas davantage exposées.

Dans une étude publiée par The Lancet en 2015, un groupe international de chercheurs a passé en revue 36 études épidémiologiques pour confirmer le fait que l’utilisation de la pilule confère une protection à long terme contre le cancer de l’endomètre.

Des chercheurs italiens et espagnols attribuent également à la pilule contraceptive la diminution des cas de cancers de l’ovaire depuis 
20 ans un peu partout dans le monde.

Verdict
À la lumière de nombreuses études scientifiques, d’analyses de la littérature et de données de santé publique, la pilule anticonceptionnelle n’augmente pas le «risque global» de cancer. Cela signifie que, si les risques de développer certains cancers augmentent légèrement, les risques liés à d’autres types de cancers diminuent. Une majorité d’experts et de scientifiques s’entendent pour dire que, pour la plupart des femmes, les bénéfices des anovulants l’emportent sur les risques minimes de cancer observés par certains chercheurs.

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