Roberto Pfeil Roberto Pfeil / The Associated Press

TORONTO — Au plus fort de la saison de la grippe, les oto-rhino-laryngologistes préviennent qu’il est potentiellement dangereux d’étouffer nos éternuements, une pratique qui peut parfois provoquer des blessures.

Un cas particulièrement frappant est mentionné lundi dans l’édition en ligne du journal médical BMJ Case Report: un Britannique de 34 ans s’est infligé de graves blessures à la gorge quand il s’est bouché le nez et la bouche pour tenter d’étouffer un éternuement particulièrement vigoureux.

Souffrant, l’homme était ensuite pratiquement incapable de parler ou de manger. Les médecins qui l’ont examiné ont entendu de petits sons de son cou jusqu’à sa cage thoracique — un signe que de petites bulles d’air s’étaient infiltrées dans les tissus et les muscles de sa poitrine, écrivent des médecins des Hôpitaux universitaires de Leicester.

Le patient non-identifié a été hospitalisé pendant une semaine. On lui a ensuite déconseillé de reproduire cette «manoeuvre dangereuse» dans l’avenir.

«Cette déchirure de la gorge est incroyablement inhabituelle, a dit le docteur Douglas Chepeha, un oto-rhino-laryngologiste du Réseau de santé universitaire de Toronto. Je n’ai jamais rien vu de tel pendant toute ma carrière.»

Il prévient toutefois que le fait d’étouffer un éternuement peut provoquer d’autres blessures aussi rares.

Bloquer l’expulsion de l’air par le nez et la bouche pourrait faire rapidement augmenter la pression dans les poumons, emprisonnant l’air dans la poitrine, entre les poumons — un problème appelé pneumomédiastin.

Un éternuement étouffé pourrait aussi augmenter la pression d’air dans l’oreille interne, mais le docteur Chepeha dit qu’une rupture du tympan serait plutôt rare. (C’est le même principe que lorsque vous soufflez contre votre nez bouché en avion pour rééquilibrer la pression dans vos oreilles).

Les auteurs de l’article du BMJ préviennent qu’un éternuement étouffé pourrait potentiellement provoquer la rupture d’un anévrisme inconnu au niveau du cerveau. Le corps éternue pour se débarrasser d’irritants, comme du mucus ou des allergènes, dans le nez.

L’augmentation de la pression pourrait causer une rupture des petits vaisseaux sanguins superficiels des yeux, de la tête et du cou, selon le docteur Chepeha.

«Un vaisseau sanguin pourrait se briser dans le nez et provoquer un saignement», a-t-il dit.

Même un éternuement normal est potentiellement dangereux, prévient le docteur Eric Monteiro, un oto-rhino-laryngologiste de l’hôpital torontois Mount Sinai.

«On a entendu parler de femmes âgées atteintes d’ostéoporose qui ont subi des fractures par tassement des vertèbres en éternuant», a-t-il dit.

Un joueur des Blue Jays de Toronto, Jay Kevin Pillar, s’est retrouvé sur la liste des blessés pendant dix jours en 2015, quand il s’est étiré un muscle en éternuant.

Donc, y a-t-il une bonne façon d’éternuer?

Pas vraiment, selon le docteur Monteiro, qui explique qu’un éternuement est un réflexe involontaire qui ne peut pas nécessairement être contrôlé.

«Mais je pense qu’il y a une mauvaise façon, en bouchant votre nez et votre bouche, ce qui n’est habituellement pas recommandé puisque vous interférez avec le processus naturel, dit-il. Et en faisant ça, on s’exposer à une blessure, même si elles sont rares.»

Un éternuement devrait être envoyé dans le creux du coude, pour empêcher les virus de se propager.

«Il faut évidemment se couvrir la bouche, et la meilleure façon absolue de le faire est de tousser ou d’éternuer dans votre manche», explique-t-il.

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