Production multimédia CHUM «Pour rendre plus accessibles les traitements de substitution aux opiacés, il fau- drait ajuster nos politiques», croit la Dre Julie Bruneau.

Les traitements de substitution aux opiacés (TSO), dont la méthadone, réduisent de 54 % le risque de contracter le VIH chez les utilisateurs de drogue par injection (UDI).

On savait déjà que la méthadone présentait plusieurs avantages pour les toxicomanes, dont celui de réduire le taux de mortalité. Mais la nouvelle étude internationale publiée vendredi sur le site internet du British Medical Journal confirme un lien direct entre les TSO et la réduction des infections au VIH. Il s’agit en fait d’une revue de neuf études différentes, réalisées dans différents contextes et différentes villes, qui ont été compilées et analysées par un chercheur principal, Matthew Hickman, de l’université de Bristol, en Grande-Bretagne, et six autres chercheurs.

La Dre Julie Bruneau, chercheuse au Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM) et professeure au département de médecine familiale de l’Université de Montréal, a participé au projet.
«En fait, ce n’est pas le médicament lui-même qui prévient le VIH, mais l’ensemble des choses qui sont faites lorsque la personne qui a un problème de dépendance aux opiacés est mise sur un programme où on remplace la drogue par un médicament comme la méthadone ou le suboxone, explique-t-elle. Cela lui permet de sortir de sa toxicomanie et de se réhabiliter.»

La Dre Bruneau explique qu’en rassemblant neuf études différentes sur les TSO, les chercheurs ont pu mettre des données en commun, «des études indirectes sur le VIH», qui ont permis de conclure à une diminution de 54 % du taux de nouvelles infections.

Avec ce qu’elle considère comme «une preuve robuste que les programmes de substitution avec la méthadone diminuent le risque d’infection au VIH», la Dre Bruneau espère que des pays qui interdisent toujours l’utilisation de la méthadone seront convaincus de son efficacité.

Pour ce qui est du Québec, où la méthadone est légale, la Dre Bruneau déplore que ce traitement ne soit pas assez accessible aux toxicomanes. La chercheuse avance, par exemple, qu’un toxicomane qui voudrait s’inscrire sur la Rive-Sud au programme de traitement par méthadone pourrait faire face à des délais de six mois à un an. «Pendant ce temps, il peut se passer beaucoup de choses, dénonce-t-elle. Dans les trois premières années d’injection, il y a 50 % des gens qui s’infectent et contractent l’hépatite C.»

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