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Un rapport de l’Institut économique de Montréal prône une souplesse dans le plafonnement des remboursements des médicaments. Les détracteurs de l’étude sont eux plutôt favorables à la limitation du poids de l’industrie pharmaceutique.

Continuer à baisser les dépenses publiques en médicaments pourrait avoir des conséquences négatives sur la santé des Canadiens. C’est ce qu’affirme l’Institut économique de Montréal, qui reprend une étude de l’économiste Yanick Labrie.

Ce dernier remet en cause l’obsession pour la réduction des dépenses publiques en médicaments et affirme que «(…) compresser les dépenses en médicaments comporte des risques que l’on ne peut passer sous silence. Il a été démontré que cela allonge les délais d’accès aux nouveaux traitements, augmente significativement la probabilité de pénuries et freine l’innovation».

L’économiste a ainsi lancé un plaidoyer en faveur de l’industrie pharmaceutique. «Les médicaments brevetés plus récents procureraient des économies encore plus importantes», analyse Yanick Labrie qui s’oppose également au principe de création d’un régime d’assurance pancanadien, qu’il estime moins efficace que le régime actuel.

Des conclusions battues en brèche par Guillaume Hébert, chercheur à l’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS) «La pire des choses aujourd’hui serait de continuer à laisser augmenter le nombre et le prix des médicaments. Leur coût constitue un problème majeur au Canada», argumente le chercheur, qui dénonce le cadeau fait à l’entreprise pharmaceutique il y a 25 ans en lui garantissant des tarifs élevés de ses produits vendus sur le marché.

«D’autant que les retombées économiques, notamment en termes de recherche et développement ne sont pas au rendez-vous», ajoute Guillaume Hébert, qui préconise que le Canada prenne «un virage à 180 degrés», citant en exemple la Nouvelle-Zélande, où le nombre de médicaments commercialisés est désormais limité.

De son côté, le président et porte-parole du Conseil pour la protection des malades se montre plus nuancé. «Baisser le budget des médicaments est un raisonnement à court terme, car au final cela contribue à baisser la qualité des soins», explique Paul Brunet, qui préfèrerait que l’État se concentre à réaliser des économies au sein de l’administration de santé.

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