Fondation Farha L’homme d’affaires montréalais Ron Farha a créé la Fondation Farha en 1992, alors qu’il se savait atteint du sida.

«Le sida disparaîtra un jour», peut-on lire sur une murale de la rue Sainte-Catherine, en mémoire des paroles de Ron Farha, un homme d’affaires montréalais mort de cette maladie. À quelques jours du 20e anniversaire de son décès, les militants de la lutte contre le sida se désolent de la méconnaissance grandissante des jeunes quant aux risques liés à la maladie.

«Quand je leur parle du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), la plupart des jeunes de mon âge disent qu’il y a un remède, certains croient même qu’il existe un vaccin pour éviter la transmission. Leur ignorance est terrifiante!» lance Matthew Ieraci, neveu de Ron Farha.

Âgé de 18 ans, le jeune homme a décidé de suivre les traces des membres de sa famille et de s’impliquer dans la Fondation Farha. À ses côtés, sa grand-mère Evelyn Farha raconte les 20 dernières années de sa vie, consacrées à donner au public de l’information sur le VIH.

Elle se remémore les années 1980 et 1990, alors que les premiers cas de sida avaient été enregistrés au pays. Les adolescents semblaient alors bien plus conscients des risques de transmission que les jeunes d’aujourd’hui. «Le dossier était très médiatisé, les gens voyaient des images horribles de malades en phase terminale. Aujourd’hui, le sida est invisible», déplore-t-elle.

L’ignorance des jeunes est liée à la disparition, depuis 2005, des cours de FPS – formation personnelle et sociale –, estime François Blais, président fondateur de Ruban en route. Ce dernier sillonne les routes du Québec depuis 17 ans pour sensibiliser les adolescents du secondaire à la prévention des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS).

Il est consterné par la recrudescence des comportements sexuels à risque et note que depuis 1996, le taux de chlamydia et de gonorrhée a augmenté de 400 %. Pis encore, il se dit peu étonné de récentes études selon lesquelles 26 % des Québécois infectés par le VIH ne sont pas conscients de leur état.

«Aujourd’hui, une quantité astronomique de données existent, mais plusieurs sont peu fiables et renforcent même les mythes, dont l’idée que seuls les homosexuels ou les gens qui s’injectent des drogues peuvent contracter le VIH», observe la Dre Marie-Ève Goyer, de l’Unité hospitalière de recherche, d’enseignement et de soins sur le sida du CHUM. Optimiste, la Dre Goyer affirme toutefois que «si la population se conscientise suffisamment», le VIH pourrait presque disparaître de notre société.

Selon les membres de la famille Farha, il est temps que les pouvoirs politiques reprennent le contrôle de la situation. «Le gouvernement doit financer à nouveau des programmes d’éducation», croit la présidente, Linda Farha. Selon elle, la solution réside aussi dans des campagnes de prévention plus dynamiques ayant recours à des chiffres et à des images réelles, parfois «choquantes», pour illustrer le «véritable danger» des ITSS.

Répartition du VIH au Québec par groupes d’âge, de 2002 à 2011

Le VIH en 4 phases
La transmission du VIH est possible s’il y a une «porte de sortie» du virus (saignement, éjaculation, injection) et une «porte d’entrée» dans un autre organisme (lésions de la peau, muqueuses). L’infection se décline en 4 phases.

  • Phase 1. Symptômes semblables à ceux de la grippe et risque de transmission très élevé.
  • Phase 2. Aucun symptôme externe, mais le virus est actif et continue d’infecter les cellules immunitaires. Sans traitement, cette phase peut durer 10 ans.
  • Phase 3. Corps affecté par divers symptômes, dont la fatigue chronique, dus à l’affaiblissement du système immunitaire.
  • Phase sida. Apparition de cancers ou d’infections opportunistes (notamment la pneumonie) causées par des bactéries et des virus. Tant qu’une personne infectée n’a pas atteint cette phase, on dit qu’elle est séropositive.

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