Mise en garde contre l'achat de médicaments en ligne
Diane Lamarre, présidente de l’Ordre des pharmaciens du Québec, lance une alerte contre l’achat de médicaments en ligne. Elle soutient un avis de Santé Canada publié à la suite du récent démantèlement d’un réseau de contrefaçon de médicaments, qui prétendait que ses produits venaient du Canada. Métro s’est entretenu avec elle.
Quels sont les principaux risques de l’achat en ligne?
Tout d’abord, la qualité des produits n’est pas validée par Santé Canada. Les principaux risques sont liés à des sous-dosages, à des surdosages, à des contaminants et parfois à l’absence d’ingrédients actifs dans le produit. Le deuxième aspect concerne la traçabilité du médicament. Dans les pharmacies, si un médicament est de moins bonne qualité, nous serons facilement capables de le retracer et de retrouver les patients qui l’ont reçu. Avec les achats en ligne, les clients sont très vulnérables. De plus, l’absence de traces de ce médicament dans le dossier du patient peut fausser un futur diagnostic et poser des problèmes en cas d’hospitalisation.
Comment reconnaître un produit contrefait?
C’est très difficile. Maintenant, les produits sont vraiment similaires en ce qui concerne l’emballage, ainsi que la forme et la couleur de la pilule. C’est très bien fait parce que c’est un marché très lucratif. Au gramme, c’est le produit qui a le plus de valeur, après le marché des pierres précieuses.
Il existe des pharmacies canadiennes sur l’internet. Que pensez-vous de ce dispositif?
Au Québec, on n’a pas une grande expérience de ces pharmacies. Ici, les gens aiment avoir un contact direct avec leur pharmacien. On considère que le transport des médicaments par la poste peut amoindrir leur efficacité et leur qualité. On n’encourage pas la distribution des médicaments par l’internet.