MONTRÉAL – Les jeunes qui abusent des nootropes («smart drugs», en anglais) pour obtenir de meilleurs résultats académiques risquent d’endommager leur cerveau, préviennent des chercheurs américains.

Ils pourraient notamment réduire la plasticité de leur cerveau, une capacité essentielle à la planification, à l’adaptation des comportements et au passage d’une tâche à une autre, disent les scientifiques des universités du Delaware et Drexel.

Le méthylphénidate (Concerta, Ritalin) est le nootrope le plus fréquemment prescrit aux jeunes et augmente les niveaux de neurotransmetteurs dans le système nerveux. Environ 1,3 million d’adolescents américains auraient toutefois abusé du produit au cours du dernier mois.

Des expériences menées sur des souris ont démontré que le cerveau en développement est très sensible au méthylphénidate. Même des doses modestes peuvent réduire l’activité nerveuse, la mémoire de travail et la capacité à passer rapidement d’une tâche ou d’un comportement à un autre. Cette flexibilié mentale est essentielle à l’apprentissage de tâches motrices complexes, aux relations interpersonnelles et à la performance au travail.

Le modafinil (Provigil) est aussi très populaire et augmente les niveaux de dopamine entre les synapses des cellules nerveuses du cerveau. Le produit peut accroître la mémoire et améliorer la capacité à travailler avec des chiffres, mais il pourrait avoir les mêmes effets indésirables à long terme que le méthylphénidate sur le cerveau en développement.

Un nouveau nootrope, les ampakines, stimule la réaction des cellules nerveuses et renforce les liens qui les unissent. Les ampakines améliorent la mémoire et la cognition des souris, mais même si on les dit sécuritaires, leur abus pourrait surstimuler le système nerveux, ce qui risque d’endommager ou de détruire les cellules nerveuses.

Les auteurs rappellent que le cerveau humain continue à se développer jusqu’au début de la trentaine et que les jeunes sont particulièrement susceptibles d’abuser des nootropes, tout en étant plus vulnérables aux effets secondaires. Ils réclament plus d’études pour mieux comprendre l’impact à long terme de ces substances sur le cerveau.

Les conclusions de cette étude sont publiées dans le journal scientifique Frontiers in Systems Neuroscience.

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