Yves Provencher/Métro Juliana Alvarez, Sylvia Papazian, Éliane Mcleod et leur équipe de design durant le défi Hacking Health design.

Pendant toute la journée de jeudi, des professionnels de la santé se sont alliés à une trentaine de designers pour élaborer des solutions technologiques à huit problématiques de santé, dans le cadre du défi Hacking Health design du Sommet de Montréal sur l’innovation.

Sylvia Papazian, coordonnatrice clinique en radiologie à l’Hôpital Royal Victoria, est l’une de ceux dont les projets ont été sélectionnés pour le défi. Mère d’un petit garçon qui a dû passer un examen d’imagerie par résonance magnétique (IRM) à deux ans pour une possible tumeur au cerveau, elle a pu constater à quel point ce test était une expérience traumatisante.

«C’est un tunnel très bruyant, étroit et sombre dans lequel le patient ne peut pas bouger pendant une période de 15 minutes à une heure, a rapporté Mme Papazian. Mon fils a été pris de panique, il a fait une crise, il a fallu quatre infirmiers pour l’attacher en plus de le mettre sous sédation.»

Pour ne pas que l’horreur se reproduise au cours des prochains tests, la mère a préparé pendant plusieurs jours son fils avec une histoire. Il était un astronaute et il devrait accomplir une mission en partant dans une fusée. Imprégné par son rôle, l’enfant a été calme et même enthousiaste lors de son deuxième IRM.

Une idée a donc germé dans le cerveau de Mme Papazian: pourquoi ne pas développer une application pour téléphone intelligent, assorti d’un livre, pour préparer les enfants à l’IRM en intégrant le test dans une histoire?

Quatre designers de divers horizons se sont joints à elle de façon bénévole pour mener à bien le projet. L’un d’eux est Éliane Mcleod, auteure, metteuse en scène et réalisatrice de films de stop motion. Elle doit aider à construire l’univers et la trame de l’aventure proposée aux enfants, qui pourrait prendre la forme d’un jeu interactif.

Juliana Alvarez, designer en expérience usager, est une autre contributrice. «Mon rôle est de voir comment une application peut être intuitive et facile à utiliser», a expliqué celle qui fait présentement un doctorat sur les hackathons.

Autant Mme Mcleod que Mme Alvarez participent au défi pour mettre leurs compétences au service d’une cause noble et nourrir leur créativité par ce travail d’équipe.

Une autre équipe du hackathon, constituée notamment de la psychiatre Nancy Low et du psychologue Giuseppe Alfonsi, respectivement directrice clinique et directeur associé du Service de santé mentale de l’Université McGill, vise à améliorer les services offerts aux patients atteints de dépression.

«Notre idée est partie du fait que nous sommes trop occupés pour passer suffisamment de temps avec chacun de nos patients, mais que tout le monde a un téléphone intelligent», a rapporté Dr Low.

Elle a fait appel à Hacking Health pour développer une application qui permettra aux patients de communiquer directement avec leur psychiatre et leur thérapeute, et de mettre en lien ces deux professionnels. Les patients pourraient aussi s’en servir pour faire le suivi de leurs traitements et de leurs activités thérapeutiques.

À la fin de la journée, les équipes ont présenté leurs designs à une trentaine de programmeurs informatiques, qui vont se joindre à eux pour les réaliser dans les trois prochaines semaines. La finale aura lieu le 26 novembre prochain devant des mentors et des investisseurs.

Sommet de Montréal sur l’innovation
Le défi Hacking Health design était jumelé au Sommet de Montréal sur l’innovation (SMI) ayant eu lieu jeudi.

  • Il était organisé sous l’impulsion de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, de l’Université McGill et de l’École de technologie supérieure (ÉTS).
  • Sous le thème «Santé et industries créatives, une collaboration inspirante et gagnante», l’objectif était de réunir, dans le cadre de conférences, des professionnels du milieu de la santé et du milieu créatif, afin de stimuler des partenariats bénéfiques pour les patients.

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