TORONTO – Le risque de suicide chez les personnes qui auraient tenté de s’enlever la vie une première fois est 42 fois plus élevé que dans la population en général, selon des chercheurs canadiens.

Dans une étude de grande ampleur, des chercheurs de Toronto ont retracé tous les patients qui s’étaient rendus à l’urgence en Ontario pour cause d’intoxication volontaire, entre avril 2002 et décembre 2010. Leur échantillon est composé de 65 784 enfants, adolescents et adultes qui ont survécu à leur tentative initiale.

Parmi les patients qui se sont empoisonnés — le «moyen» le plus utilisé chez les suicidaires — 4176 sont morts, dont 976 d’entre eux se sont enlevé la vie. Ce chiffre inclut 107 adolescents, qui se sont suicidés en moyenne deux ans après leur premier essai.

Le risque de morts par des accidents présumés était aussi dix fois plus élevé pour les personnes qui avaient déjà essayé de mettre fin à leur vie. Les chercheurs croient d’ailleurs que ces décès pourraient être en fait des suicides qui n’ont pas pu être prouvés hors de tout doute.

Selon le docteur Yaron Finkelstein, qui a dirigé l’étude publiée mercredi dans la revue scientifique JAMA Psychiatry, les résultats signifient que les personnes qui se rendent à l’urgence après s’être empoisonnées volontairement sont à risque de recommencer dans la prochaine décennie.

Le temps moyen entre une première et une deuxième tentative était de 18 mois et environ le quart des personnes se sont suicidées quatre ans après la première tentative.

Les hommes, plus âgés, provenant d’un milieu socioéconomique relativement favorisé et qui ont reçu un diagnostic de dépression ou des soins psychiatriques seraient plus susceptibles de recommencer.

L’intoxication survient généralement après que le patient a consommé des médicaments sous prescription ou des substances toxiques. La plupart de ceux qui se présentent à l’hôpital reçoivent leur congé peu de temps après, mais d’autres sont redirigés vers les soins intensifs ou les soins psychiatriques si leur état se détériore ou si l’on considère qu’ils sont à risque de passer à l’acte une deuxième fois.

«Environ 99 % de ceux qui vont à l’hôpital vivants survivent. Et c’est l’occasion de les identifier et de faire de la prévention pour éviter une autre tentative», a affirmé le docteur Finkelstein.

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