Collaboration spéciale Richard Lavertue et son fils Loïk Leclerc-Caron, qui souffre d'anxiété.

Le camp Azimut accueillera cet été deux groupes de huit enfants et adolescents souffrant de problèmes d’anxiété aigus.

Loïk est l’un des futurs participants à ce camp, situé dans les Laurentides, dont le programme a été développé en collaboration avec le Centre de santé et de services sociaux Jeanne-Mance et le CHU Sainte-Justine. Le garçon de 13 ans a reçu un diagnostic de troubles anxieux sévères avec des éléments de troubles obsessionnels compulsifs, en plus de troubles de l’attention avec hyperactivité.

Loïk a la phobie des chiens, des mouches, des orages et de plein d’autres choses. Il invente des scénarios catastrophes. Il est extrêmement timide. Mais surtout, il a constamment peur qu’on le laisse tomber. «Sa mère biologique l’a placé en famille d’accueil à l’âge de trois mois. Elle est revenue le chercher à trois ans, puis elle l’a abandonné de nouveau à quatre ans», raconte sa mère adoptive Claudette Perron, qui est aussi sa grand-mère. Selon son évaluation psychologique, cette peur de l’abandon risque de le suivre toute sa vie.

L’adolescent a déjà fréquenté des camps de vacances réguliers. Il s’est toutefois heurté à plusieurs difficultés. Par exemple, les autres enfants riait de lui parce qu’il était craintif face aux activités d’hébertisme. «Dans un camp avec des enfants qui ont les mêmes problèmes que lui, ça devrait être plus facile d’entrer en contact, de sociabiliser», estime Richard Lavertue, son père adoptif.

Plusieurs enfants ont été référés à ce camp par les responsables de la clinique des troubles anxieux du CHU Sainte-Justine, une équipe de sept à huit spécialistes comprenant un pédopsychiatre, un infirmier et une travailleuse sociale. Ces jeunes de 10 à 16 ans correspondent à trois profils, comme l’explique Hélène Rousseau, orthopédagogue à cette clinique. Il y a ceux qui souffrent d’anxiété sociale, c’est-à-dire qu’ils ont de la difficulté à prendre leur place dans un groupe. D’autres ont de l’anxiété généralisée. Ils sont toujours en alerte et craignent les expériences nouvelles. Finalement, certains enfants présentent une anxiété de séparation, soit une difficulté à être loin de leurs parents.

«L’arrivée dans un camp hors de la maison est anxiogène pour la plupart des enfants. Où vais-je dormir? Va-t-il y avoir des bibittes? Vais-je avoir des amis? Pour ceux qui ont des troubles anxieux, c’est un inconfort extrême», souligne Mme Rousseau.

Au camp Azimut, du 9 au 15 août, ils seront accueillis par des adultes qui tiennent compte de leurs freins. «On a organisé la programmation pour que les défis soient gradués. Les premières journées, on va les mettre en confiance avec des activités moins effrayantes et moins compliquées sur le plan social, afin qu’ils vivent des réussites», explique Marie-Anne Quoibion, coordonnatrice du camp.

Des activités de relaxation sont prévues en plus des activités traditionnelles comme l’hébertisme, la randonnée, le pédalo ou l’escalade. Le soir, les jeunes seront incités à participer à des causeries afin de partager leurs succès.

Les moniteurs seront formés pour être capables de répondre aux situations difficiles à prévoir, comme l’opposition, l’ennui, la peur. Le ratio sera d’un moniteur pour quatre jeunes, ce qui est beaucoup plus petit que dans la majorité des camps. En bout de ligne, puisqu’il s’agit d’un projet-pilote, les impacts du programme sur les enfants seront évalués et un suivi sera effectué avec les familles.

«J’ai bien hâte au bilan, pour voir comment ça va l’avoir aidé», confie d’ailleurs le père de Loïk.

Plus d’informations: Centre de plein air et de vacances Le P’tit Bonheur

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