Être parent est une chose, être grand-parent en est une autre. Si l’amour que chacun voue à l’enfant est semblable, les rôles à jouer sont bien différents. Petit mode d’emploi.

Danielle était prête depuis plusieurs années à devenir grand-maman. Mère à 20 ans, elle aura finalement attendu que son aîné ait 35 ans avant d’avoir une première petite-fille, puis un petit-fils quelque temps plus tard. «Je savais que je les aimerais, mais je ne savais pas encore à quel point, raconte la grand-mère de 55 ans. On aime autant nos petits-enfants que nos propres enfants, mais sans en avoir la garde ni la responsabilité à temps plein.»

Cet amour inconditionnel est très précieux pour les petits. «Les grands-parents sont souvent très admiratifs devant l’enfant et moins exigeants envers lui que les parents, affirme Nathalie Parent, psychologue et auteure de plusieurs livres, dont Pour grands-parents seulement! À travers cette relation, les enfants développent leur estime de soi et leur confiance.»

Les grands-parents jouent aussi le rôle de témoins de l’histoire familiale de l’enfant, continue Nathalie Parent. «Les grands-parents témoignent du passé familial et démontrent à l’enfant qu’il appartient à une lignée familiale. C’est un rôle fondamental qui structure son identité», fait valoir la psychologue, qui remarque qu’on a tendance à minimiser l’importance de connaître ses racines. Elle encourage les grands-parents à montrer de vieilles photos à leurs petits-enfants, à leur raconter des souvenirs de leur enfance ou de celle de leurs parents.

Connaître les limites de son rôle
Si ces deux éléments-clés du rôle des grands-parents s’imposent plutôt naturellement, il peut par ailleurs être difficile de moduler l’interaction avec les enfants et d’en connaître les limites. «Je pense par exemple à ces nombreuses brus pour qui la belle-mère devient envahissante», illustre la psychologue.

La jeune maman peut, par exemple, avoir l’impression que la grand-mère tente de s’approprier l’enfant, ou qu’elle tente de faire ce qu’elle n’a pas eu le temps de faire avec ses propres enfants.

Si on ajoute à cela des commentaires et des conseils portant sur la façon de donner les soins, de faire la discipline ou d’inculquer des valeurs, on risque d’obtenir un cocktail parfois explosif. La psychologue constate que les grands-parents sont nombreux à sentir qu’ils ne peuvent pas aller très loin sur ce terrain glissant. «Les nouveaux parents sont en pleine construction de leurs compétences et de leur confiance parentale, explique Mme Parent. Si on leur dit quoi faire et quoi ne pas faire, on ébranle tout ça.»

Pour Danielle, tout s’est pourtant déroulé sans anicroche. «J’ai dit à mon fils et à ma bru que je ne critiquerais jamais leur façon d’élever leurs enfants; c’est leur rôle, pas le mien», affirme-t-elle, précisant par ailleurs approuver la plupart des façons de faire des jeunes parents.

Ceux qui seraient au contraire tentés d’imposer leur façon de faire risquent de voir les visites chez papi et mamie s’espacer, prévient Nathalie Parent. «Il faut prendre conscience que même si l’approche des parents n’est pas la même que la nôtre, elle n’est ni mieux ni pire. Juste différente.»

«[…] Les contacts entre petits-enfants et grands-parents constituent une grande richesse, tant pour l’enfant et les grands-parents que pour la société. Ils sont, à n’en pas douter, une grande source de joie, d’affection, d’apprentissage et de connaissances (réciproquement d’ailleurs).» – Extrait du Droit de la famille tiré d’un jugement du juge Jean-Pierre Sénéchal

La multiplication des papis et des mamies
Les familles reconstituées étant nombreuses de nos jours, il n’est pas rare qu’un enfant se retrouve avec quatre, six, voire même huit «grands-parents». Cette multiplication peut engendrer beaucoup de confusion chez l’enfant si les liens ne sont pas clairement expliqués. «Même si l’enfant appelle “grand-papa Jean” le père de son beau-père, c’est important qu’il sache qui sont ses grands-parents biologiques», fait valoir la psychologue Nathalie Parent.

Malgré une séparation, il est aussi important de préserver les liens entre l’enfant et ses grands-parents. «Si on ne le fait pas, cela peut jouer sur l’estime de soi et la confiance de l’enfant, et même engendrer de l’anxiété, dit Mme Parent. S’il cesse par exemple de voir grand-maman, l’enfant peut se demander à quel moment il cessera de voir maman ou papa.»

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