Par Gilles Leblanc – Camelot-participant et chroniqueur de rue

Être content et à mon affaire, voilà ma joie. Ou serait-ce une collection de bons moments ? L’expérience humaine est formatrice et pleine d’instants précieux. Elle ne cesse de m’apprendre  de nouvelles choses. Son enseignement est  incomparable. Il  ne suffit que d’un peu d’ouverture d’esprit, et de faire preuve d’une bonne attitude.

Je suis doté d’une grande sensibilité, alors j’accorde beaucoup de valeur aux sensations de bien-être que sont mes sentiments et mes émotions. Mon vécu se doit donc d’être un outil précieux, m’aidant à décider de la place accordée au plaisir. En dépit de tout, je dois occasionnellement dealer avec les côtés obscurs de mon ressenti. Il est ici question de déceptions et autres malheurs équivalents.

Mon vécu de démuni me rappelle constamment que toute possession est temporaire. En effet, exister, c’est posséder la vie en abondance. Non pas posséder des propriétés et des objets à ne plus savoir quoi en faire. Mais dans ce cas-ci, quoi faire avec ce qui nous survivra un jour ? Rappelons-nous le vieux dicton qui va comme suit : « Le coffre-fort ne suit pas le corbillard ».

L’autodérision est ma meilleure défense

Même si la mort a failli avoir ma peau à sept reprises durant les quinze derniers mois, je n’ai pas perdu mon sens de l’humour, ni mon appétit pour le bonheur. Qu’importe le moment ou la circonstance, j’arrive à rire de tout. L’autodérision est ma meilleure défense. Rien de surprenant si je suis moqueur. Que voulez-vous ? Tel père, tel fils. De plus, j’ai vu le jour aux Îles de la Madeleine, petite région où les habitants n’aiment pas les têtes d’enterrement.

Le rire coule donc dans mes veines, tout en faisant partie de mon code génétique. Par conséquent, j’affectionne écrire des textes humoristiques. Cependant, ça n’a rien de drôle de rédiger des blagues. Car personne ne possède le même sens de l’humour. C’est compliqué de divertir le monde. Plaire à tous demande beaucoup d’efforts, de sacrifices et d’humilité ! En contrepartie, écrire des chroniques et des mots de camelots  me permet d’améliorer et d’élargir mon vocabulaire.

J’en arrive à mon dernier passe-temps, la peinture sur toile. Autodidacte par nature, je découvre et développe de nouvelles techniques de travail. Je demeure ainsi un éternel étudiant en arts, avec toutes les satisfactions que cela me procure.

Face à ça, une certitude est enracinée en moi, soit celle d’être un professeur dans l’âme. En effet, les épreuves que je subis me servent d’école. Elles m’initient à la débrouillardise, ce qui m’aide à parfaire ma capacité d’adaptation. J’y développe également une bonne résistance, et de la résilience face au malheur. Ce qui m’indique que ce n’est pas seulement le plus fort qui connait la joie, mais également celui qui sait tirer des leçons pratiques et durables.

Le bonheur est un échange

Mais tout bien considéré, mon plus grand plaisir est intellectuel. C’est celui d’étudier la race humaine, car elle est pour moi une source intarissable d’éducation. D’aussi loin que ma mémoire se souvienne, mon rêve de petit garçon n’était pas celui de devenir pompier ou pilote d’avion, mais plutôt de devenir une personne avec une grande sagesse.

Ce n’est donc pas par hasard que la plupart de mes amis ont tous visité la quasi-totalité de notre planète. Et qu’importe que leurs vécus soient philosophiques ou spirituels, tous aiment partager en discutant avec moi. J’adore le fait que leurs opinions divergent des miennes. Cela m’encourage et me donne le goût de démystifier le côté relationnel de notre espèce, oh combien imparfaite.

Le 9 avril, j’aurai 51 ans. Et me voilà encore content d’évoluer. Ha ! Tant de temps pour savoir que le bonheur est un échange.

*

Ce texte figure dans l’édition du 1er avril de L’Itinéraire.

À lire dans cette édition :

– Dossier Rire et Humour

– Évènement – Des camelots de L’Itinéraire ont été invités par la Ligue nationale d’improvisation sur la scène du Club Soda, devant près de 500 personnes.

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