KAREN BLEIER / AFP

Fermer son compte, être plus vigilant sur les autorisations données à Facebook, poursuivre en justice : les options des utilisateurs du réseau social après les révélations de l’affaire Cambridge Analytica.

Fermer son compte
Deux options se présentent à l’internaute : la « déconnexion », assimilable à une mise en veille, ou plus radicale la « désactivation », comme le recommande l’un des cofondateurs de la messagerie WhatsApp rachetée par Facebook.

L’opération, autrefois difficile, est aujourd’hui relativement aisée. L’internaute doit cliquer sur le triangle noir en haut de sa page, choisir les onglets « paramètres », « gérer le compte », puis aller lire « en savoir plus » sur la « déconnexion » ou la « désactivation » (suppression) du compte.
Déconnecter le compte permet de revenir à son compte intact en cas de remords, en laissant une présence minimale sur internet : « votre profil sera désactivé et votre nom et vos photos n’apparaîtront plus dans la plupart de vos publications » passées, mais certains contenus comme les messages échangés avec les amis, resteront accessibles aux tiers, explique Facebook.

Option plus radicale : désactiver, c’est à dire supprimer définitivement son compte. Cette option rend invisible sur Facebook, mais « jusqu’à 90 jours peuvent être nécessaires » pour supprimer tout ce qui a été publié.

Toutefois, certaines activités Facebook non stockées dans le compte personnel de l’utilisateur « persisteront », comme les messages envoyés à un ami, prévient Facebook.

Selon des experts comme Nathalie Devillier, spécialiste des données à Grenoble école de management, il ne faut pas écarter la possibilité que Facebook conserve les données de certaines personnes s’il y a une demande des autorités américaines en matière de sécurité nationale.

Renforcer sa vigilance 

Une autre option est de vérifier ses paramètres de confidentialité et de connaître l’étendue des connaissances de Facebook sur sa vie personnelle, en demandant à la plateforme la communication de l’intégralité des données qu’elle détient.

Cette dernière tâche est facile et rapide. Il faut cliquer sur le petit triangle noir en haut de la page, l’onglet paramètres, puis sur le lien « téléchargez vos données ». Après quelques vérifications des identifiants, les données sont envoyées rapidement sous la forme d’un fichier zip.
Le fichier tentaculaire permet de voir les photos, vidéos postées, les messages échangés avec ses amis, les applications installées, les évènements « likés » et à quelle date, les amis supprimés et à quelle date, les publicités sur lesquelles on a cliqué.

Il n’est pas toujours facile à décrypter. Pourquoi une page figurant dans l’onglet « HTML » du dossier mentionne les « annonceurs avec vos coordonnées » alors même que Facebook assure ne pas livrer à ses clients des données permettant l’identification personnelle?

Sans commander ses données, la page www.facebook.com/about/privacy fournit une multitude d’informations, malheureusement souvent difficiles à analyser, sur l’utilisation des données par Facebook.

A partir de cette page, il est possible d’agir sur certains paramètres publicitaires, via le paragraphe « diffuser et évaluer les publicités et les services », et le mot clef « contrôler ».

Par exemple, décider si le critère de la situation amoureuse peut-être utilisé pour vous envoyer – ou non – une publicité!

Poursuivre Facebook
Pour certains experts comme ceux de l’association française de défense des droits des internautes la Quadrature du Net, il ne faut pas demander aux internautes de se retirer de Facebook, devenu souvent utile aux internautes, mais peser sur le rapport de force juridique.

« On doit pouvoir utiliser le service sans être soumis à la surveillance de Facebook », explique Arthur Messaud, de la Quadrature du Net.
L’association va intenter prochainement une action de groupe en France contre Facebook, ouverte aux internautes. Elle s’appuiera sur les dispositions du règlement européen sur la protection des données (RGPD), qui entrera en vigueur le 25 mai et qui change le rapport de force en faveur des internautes, a-t-il expliqué.

« Nous demandons la pure application de la loi, c’est-à-dire que le consentement des internautes » à l’utilisation de leur données par Facebook et ses partenaires « ne soit pas forcé », a-t-il expliqué.

Facebook doit être contraint par exemple à demander à ses utilisateurs un accord explicite pour l’exploitation commerciale des données, en cochant délibérément une case, a-t-il estimé.

Facebook doit aussi demander l’accord explicite des internautes avant de « filtrer et hiérarchiser les contenus » auxquels ils ont accès.
Aux États-Unis, des cabinets d’avocats américains ont annoncé avoir déposé des recours collectifs.

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