Yves Provencher/Métro Atlee Clark

Dans le cadre du Printemps numérique, à Montréal jusqu’au 21 juin, Métro présentera toutes les deux semaines des entrevues avec des acteurs du monde numérique.

Il y aurait près de 1000 entreprises en démarrage (start-ups) à Montréal, dont la majorité dans le domaine des technologies. Atlee Clark, directrice générale de The C100, un organisme qui soutient les entreprises technologiques canadiennes par le mentorat, le partenariat et l’investissement, a expliqué à Métro pourquoi la prochaine compagnie technologique milliardaire pourrait venir de Montréal.

Qu’est-ce qu’une start-up technologique?
C’est toute compagnie qui veut soit créer une technologie, soit utiliser la technologie pour conduire des affaires. Par exemple, LightSpeed POS a créé un logiciel pour aider les entreprises à gérer leurs points de vente. Frank & Oak, de son côté, utilise l’internet pour vendre ses produits, des vêtements pour hommes. Toutes deux sont des start-ups parce qu’elles sont relativement au début de leur vie, même si elles ont déjà plusieurs employés et de bons revenus.

Pourquoi est-ce que Montréal est un bon environnement pour une start-up technologique?
Le premier avantage de Montréal est que la communauté des start-ups technologiques est tissée serrée. Tout le monde se connaît, autant les entrepreneurs que les investisseurs. Mais elle est aussi très ouverte à l’idée d’intégrer de nouvelles personnes. Une autre particularité de Montréal est la force de son secteur du design et du marketing. C’est très important pour les nouvelles technologies, parce qu’elles doivent être attrayantes aux yeux des consommateurs. Finalement, il y a ici de très bons investisseurs, comme iNovia Capital, qui cherchent activement des entreprises québécoises prometteuses. Il y a aussi des accélérateurs comme FounderFuel, qui fournit du capital pour les start-ups et l’accès à un réseau d’entrepreneurs vétérans et d’investisseurs.

Quelle est la particularité des entreprises technologiques de Montréal?
Elles sont très fortes dans le commerce électronique, comme en témoignent les entreprises de ventes de vêtements en ligne Beyond the Rack et Frank & Oak. Beaucoup d’entreprises sont aussi basées sur des applications ou des sites web, comme Busbud, qui fournit le prix et les horaires de billets d’autobus à travers le monde.

Pour prendre de l’envergure, une compagnie technologique doit-elle nécessairement déménager à Silicon Valley, en Californie, le pôle des industries de technologie de pointe?
Pas du tout. Elle peut tout à fait rester à Montréal. Silicon Valley est un endroit exceptionnel, mais c’est aussi une mentalité, et il n’est pas nécessaire d’y vivre pour avoir cette mentalité. C’est toutefois bien d’y avoir de bons contacts. À C100, on invite souvent des entrepreneurs à visiter Silicon Valley durant deux ou trois jours, on les présente à plusieurs personnes-clés du milieu, et puis ils retournent chez eux. Par ailleurs, il y a à Montréal beaucoup de jeunes talents qui sortent des universités, notamment en génie. À Silicon Valley, les entreprises s’arrachent ces talents, et les grosses compagnies ont les moyens de les payer beaucoup plus cher. En restant à Montréal, les start-ups risquent moins de se faire voler leurs bons éléments.

Montréal se positionne de plus en plus comme une ville numérique sous plusieurs aspects, notamment dans les arts. Est-ce que ce positionnement joue un rôle dans le développement des start-ups technologiques?
Oui, il y a beaucoup de gens ici qui sont intéressés par les nouvelles technologies, ce qui en fait un bon marché pour tester des produits.

«À Montréal, il y a une forte culture de solidarité entre les entrepreneurs en technologie.» – Atlee Clark, directrice générale de The C100

Démarrer une entreprise est reconnu pour être difficile, peu importe dans quel domaine. Y a-t-il des défis particuliers pour une compagnie technologique?
Une des difficultés du commerce en ligne est que les entrepreneurs n’ont pas la chance de rencontrer leurs clients en personne. Ils doivent donc faire des recherches et des enquêtes pour découvrir qui ils sont, où ils sont et ce qu’ils veulent. Mais dans un certain sens, c’est peut-être plus facile pour ce type d’entreprises, parce que de prime abord il n’y a pas de lieu physique ni beaucoup de matériel nécessaire pour démarrer. Ça prend seulement deux personnes qui savent programmer et des ordinateurs. Les coûts augmentent lorsque l’entreprise grossit, accumule les clients et doit acheter ou louer un local et payer des employés.

Quelle est l’importance du réseautage et du mentorat tel que promu par The C100?
Beaucoup de ces compagnies veulent devenir le prochain Google ou Facebook. Mais il y a plein d’inconnu sur leur chemin et plusieurs pièges dans lesquels elles peuvent tomber. Si elles bénéficient des conseils d’entrepreneurs qui sont passés par là, qui ont fait ces erreurs, ça peut leur permettre d’éviter les écueils. Les entrepreneurs en technologie ont cette idée qu’il faut aider les personnes qui viennent après eux.

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