La griffe JusteRobe, discrètement lancée mercredi, vise une clientèle précise avec sa stratégie bien définie: 
offrir aux femmes de carrière des robes simples et confortables qui ne coûtent pas les yeux de la tête. 
Métro a décortiqué le modèle d’affaires de l’entreprise.

Parties à la recherche de la petite robe noire idéale, Valérie Apollon et Stéfanie Gosselin ont dû se rendre à l’évidence: elles sont «compliquées à trouver», affirment-elles.

«Avec la globalisation des marchés, il devient de plus en plus difficile de trouver le bon produit ayant un fit parfait, estime le professeur de l’École supérieure de mode de l’UQAM Jocelyn Bellemare, qui les a conseillées dans le cadre de ce projet. J’aime lorsque les gens proposent un modèle d’affaires simple et efficace, mais avec un ADN fort.»

Rapidement, les deux femmes d’affaires – Valérie est comptable, et Stéfanie, gestionnaire d’équipe – en viennent à détailler les caractéristiques de la fameuse robe: «Élégante, elle met en valeur le corps de la femme sans le mouler, elle ne se fripe pas (idéal pour les voyages d’affaires), elle est lavable à la machine et, surtout, elle peut être portée en toute occasion, du bureau au party de Noël en passant par le 5 à 7», résume Valérie Apollon.

Les modèles JusteRobe sont ainsi fabriqués en ponte milano, une matière extrêmement confortable et flatteuse. «Même les plus rondes se surprennent à acheter la classique [à la coupe ajustée] après l’avoir essayée, illustre 
Mme Apollon. C’est la magie du ponte: il cintre en cachant les 
rondeurs.»

Le prix est aussi au cœur des préoccupations des deux femmes. Pour arriver à vendre leurs robes fabriquées à la main sous la barre des 200$, elles se sont résolues à les faire confectionner en Chine. «On s’est rendu compte qu’une robe de cette qualité produite ici n’aurait pu se vendre à moins de 300 ou 350$. On s’est posé la question: sommes-nous prêtes à payer ce prix pour une robe? La réponse était assez évidente», souligne Mme Apollon, qui espère néanmoins rapatrier la production un jour si les coûts le permettent.

Tâter le marché
Pour le moment uniquement vendue en ligne sur la plateforme Etsy, la collection JusteRobe est aussi présentée dans des événements privés, où les clientes peuvent toucher les tissus et 
essayer les produits.

Il s’agit là aussi d’un excellent moyen de prendre leur pouls. «On a déjà plein d’autres modèles en cours de développement, mais avant de trop les avancer, on veut prendre le pouls de la cliente, 
car c’est pour elle qu’on fait nos designs», rappelle Mme Apollon.
Les trois premières robes de la collection seront par ailleurs bientôt offertes en bleu, gris, crème et rouge. «Nos clientes l’exigent déjà», se réjouit-elle.

Le «monoshop»: 
une stratégie d’avenir

Se spécialiser au point de n’offrir qu’un type de produit peut être gagnant dans le contexte économique actuel, croit le professeur Jocelyn Bellemare. «L’approche de type “monoshop” permet de se différencier, de lutter contre la concurrence comme le fast fashion, d’augmenter sa valeur ajoutée, de vendre un produit très ciblé, de s’approprier un marché spécifique, de favoriser un produit permettant de se concentrer sur une proposition de valeur à long terme pour le consommateur.»

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