Getty Derrière le décor, Naeem Khan, qui a l’habitude de présenter ses collections à New York.

«La mode, c’est plus que simplement fabriquer de belles robes», soutient le designer indo-américain Naeem Khan, reconnu pour ses créations où se rencontrent influences orientales et occidentales. Métro a rencontré celui qui s’est notamment offert le luxe d’habiller Michelle Obama alors qu’il vient de présenter sa collection printemps-été 2018 à New York mardi.

Vous avez grandi en Inde, où vous avez reçu une éducation traditionnelle. Comment avez-vous vécu votre arrivée aux États-Unis à 19 ans?
Ç’a été un choc culturel. Les années 1970 ont été très libérales aux États-Unis; il y avait une grande liberté sexuelle et beaucoup de consommation de drogues. Je n’ai jamais été invité à des fêtes comme celles du Studio 54 ni rencontré des gens tels que Andy Warhol ou Elizabeth Taylor. Cela dit, j’ai passé cette décennie à travailler avec le designer Roy Halston, qui était alors très célèbre, et j’ai eu l’occasion unique d’apprendre auprès de gens talentueux.

Par ailleurs, mes valeurs familiales et mes liens avec mes parents m’ont aussi permis de ne pas me perdre dans cette ambiance complètement folle.

Quelles sont les leçons les plus importantes que vous avez tirées de vos années passées auprès d’Halston, de votre père et de votre grand-père (qui étaient aussi des designers)?
La mode, c’est plus que simplement fabriquer de belles robes. C’est aussi être témoin de différents styles de vie en comprenant pourquoi les gens portent tel ou tel vêtement. J’ai appris à poser des questions et à intégrer la culture au design.

J’ai aussi appris à travailler fort et à ne jamais abandonner. Quand vous êtes passionné par quelque chose, vous devez y mettre tout votre coeur et faire de votre mieux.

Les broderies sont votre marque de commerce…
Dans toutes les cultures, la broderie est très importante. Ça représente un certain statut et même le pouvoir. De plus, les avancées technologiques ne pourront jamais permettre d’égaler les broderies qu’on réalise à la main.

Quels sont vos plans pour votre marque?
Nous allons ouvrir un studio à Miami, où nous enseignerons l’art de la broderie et du design aux jeunes gens à faible revenu, qui pourront par la suite intégrer le marché du travail. C’est mon grand projet.

En tant qu’immigrant, vous vous êtes ouvertement prononcé contre les politiques du président Donald Trump. Qu’est-ce que l’industrie de la mode peut faire?
La mode peut faire beaucoup. Je suis né en Inde, où le Mahatma Gandhi, dans sa bataille paisible pour gagner l’indépendance par rapport à la Grande-Bretagne, a ordonné aux Indiens de se mettre au tissage et de ne pas acheter de vêtements anglais. Ce boycott a plombé l’industrie textile de Manchester et a pavé la voie à notre liberté. Les designers sont des figures publiques qui peuvent utiliser leur visibilité pour faire connaître leurs idées, en particulier en ce qui a trait à des politiques aussi dommageables que celles de Trump.

Trois faits saillants

  1. Naeem Khan présente généralement ses collections à la Semaine de mode de New York.
  2. Le créateur a admis qu’habiller l’ancienne première dame Michelle Obama a été un des moments-clés de sa carrière.
  3. Le designer signe aussi des collections de robes de mariée.

 

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