Christine Bourgier

Ariane Carle travaille les tissus comme l’artiste visuel aborde la toile vierge. «Je suis une artiste plus qu’une manufacturière, avance-t-elle en entrevue. L’artiste en moi veut habiller les femmes et les rendre belles.» Visite d’atelier.

Ce n’est pas parce que sa maison de couture a célébré ses 40 ans cette année que la créatrice de mode sombre dans la nostalgie pour autant. Le regard résolument tourné vers l’avenir, elle vient de lancer une première boutique en ligne. «[L’internet] fait toute la différence pour les clients, l’approche est plus facile», indique Ariane Carle, rencontrée au milieu des robes de soirée en soie chatoyante, sa marque de commerce auprès d’une clientèle «de 30 à 80 ans», estime-t-elle.

Fille du cinéaste Gilles Carle, la créatrice a d’abord été reconnue pour ses tricots dans les années 1980. D’ailleurs, il y a tout juste 
30 ans, en septembre 1987 plus précisément, elle comptait parmi quatre designers québécois ayant participé à un grand défilé international au Trocadéro de Paris. «C’était une grande aventure, se souvient-elle en ressortant d’anciennes coupures de presse. J’avais présenté des tricots tout blancs; c’était vraiment magnifique.» Ariane Carle est la seule de ces quatre représentants toujours en affaires.

Depuis, sa griffe a évolué pour devenir experte en tenues de soirée. «Tout le monde me connaît pour mes robes», acquiesce celle qui habille aussi régulièrement des vedettes comme Sophie Faucher, France Castel, Carole Laure ou Maude Guérin, ses «muses», comme elle les appelle, sur les tapis rouges. «Je dirais que 70% de ma production va au sur-mesure et à la robe du soir.»

Cette spécialisation ne l’empêche pas de faire aussi dans le prêt-à-porter. Sa ligne plus «accessible», Mlle Carle, est bien en évidence à l’entrée du magasin et est aussi vendue en ligne à des prix oscillant entre 480$ et 550$.

Héritage
Après 40 ans dans la mode, impossible de ne pas demander à Ariane Carle comment elle voit l’avenir de la marque qui porte son nom. «J’essaie d’avoir une équipe jeune pour garder le dynamisme qui nous caractérise, lance-t-elle d’emblée. Moi, je m’occupe de la base et de mes clientes et je donne les pouvoirs aux plus jeunes.»

Elle espère aussi que la griffe lui survivra. «Je serais bien contente d’avoir une relève, ajoute la créatrice. Un peu comme Sonia Rykiel… Les classiques d’Ariane Carle sont là pour durer, je pense.»

Ethné de Vienne a posé le printemps dernier pour le 40e anniversaire d’Ariane Carle Design.

 

**Pour les 375 ans de Montréal, Métro met en lumière des marques d’ici qui ont marqué 
la mode à leur façon.**

 

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