SSENSE fête ses 15 ans en grand. Le jeudi 3 mai 2018, la plateforme de mode ouvre un nouvel espace phare dans le Vieux-Montréal, une boutique comptant cinq étages conçue par l’architecte David Chipperfield. À vrai dire, on ne devrait même pas parler de simple boutique. Le concept révolutionne carrément le genre en proposant une expérience immersive et personnalisée à des lieues de ce qui se fait dans le 
commerce de détail. À moyen terme, d’autres villes devraient aussi accueillir un tel projet. Visite guidée.

Rez-de-chaussée


David Chipperfield a conçu «un édifice dans un édifice» en préservant la façade du 418, Saint-Sulpice et en y intégrant une nouvelle structure «flexible», qui peut être modulée à l’envi. «L’espace devait être facilement transformable pour offrir la flexibilité de créer et de mettre en valeur différents projets», explique en entrevue le cofondateur et directeur général de SSENSE, Rami Atallah. Des planchers aux plafonds, tout est couvert d’un béton gris foncé qui sert d’écrin neutre, mais toutefois moderne pour mettre en valeur les vêtements et autres installations artistiques. D’ailleurs, des œuvres contemporaines qui changeront régulièrement y seront exposées, à commencer par l’installation réalisée par le compositeur de musique électronique Arca la semaine dernière, dans le cadre de la soirée d’inauguration.

2e étage


Dans ce nouveau magasin phare, il n’y a pas de présentoir statique traditionnels. SSENSE voyant la mode comme une forme d’expression culturelle, au même titre que la musique, le design ou les arts visuels, les vêtements en présentation changeront quotidiennement. «Il pourrait arriver que nous prenions en photo un ensemble pour le site internet, puis que nous le reproduisions ici», affirme le chef de la mise en marché, Krishna Nikhil. Le concept va vraiment au-delà du commerce de détail. On confirme même déjà que certains événements marquants dans la métropole y seront soulignés avec une programmation spéciale, comme ce sera le cas pour le Grand Prix, en juin. «Je m’attends à ce que les gens viennent visiter, s’asseoir ou boire un café sans pour autant acheter, souligne pour sa part Rami Atallah. Nous cherchons d’abord à créer une conversation entre les créateurs et le public.»

3e et 4e étages
Le nouveau magasin phare de SSENSE illustre le virage radical que le 
commerce de détail devra prendre dans les prochaines années. «Le 
modèle traditionnel n’est plus viable, estime Rami Atallah. Dans les 10 ou 20 prochaines années, je crois que les boutiques physiques se concentreront plus sur les interactions humaines.» En proposant une expérience de magasinage intrinsèquement liée au site internet avec des rendez-vous personnalisés, SSENSE Montréal «constitue notre vision de ce que les boutiques devraient proposer à l’avenir», continue-t-il. Il suffit d’aller en ligne, de choisir les vêtements qu’on a envie d’essayer (parmi des centaines de créations griffées) et de prendre rendez-vous. Qu’on s’y rende dans les 24 heures ou la semaine suivante, un conseiller prépare tout à l’avance et nous accueille dans une des huit spacieuses cabines (quatre par étage) pensées pour rendre l’expérience conviviale.

5e étage


Au dernier étage, deux restaurateurs émergents, Jason Morris et Kabir Kapoor (ceux qui ont ouvert Le Fantôme), tiennent un café où il sera possible de casser la croûte. Au menu : du bon café, bien sûr, mais aussi des jus verts, du kombucha et tout une variété de plats, de la barre granola maison au tartare de bœuf Wagyu, en passant par la salade de radicchio, l’omble chevalier sur bagel et le gâteau au fromage. «Nous les avons choisis pour notre café parce que nous pensons qu’ils possèdent l’un des restaurants les plus innovateurs à Montréal», confie Krishna Nikhil. La salle à manger, une grande pièce ouverte et dotée d’un comptoir-bar, peut accueillir 34 personnes. Une grande table de béton est surplombée d’un plafond en verre qui laisse filtrer une belle luminosité, même par temps gris. Le café jouxte un petit espace où on retrouve une sélection de livres, entre autres, et d’autres œuvres mettant de l’avant des artistes émergents.

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