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Si vous avez plus de 27 ans et vivez toujours chez vos parents, vous n’êtes pas seul.

Personne n’aspire à devenir comme Seymour Skinner, le directeur de l’école primaire dans les Simpson, qui, la quarantaine bien entamée, habite toujours avec sa maman. Cela dit, beaucoup de jeunes adultes vivent encore chez leurs parents.

Aux États-Unis, une étude menée par Richard Fry pour le centre de recherche Pew en 2014 a révélé que seulement le tiers (31,6%) des 18-34 ans étaient mariés, en union de fait ou vivaient seuls.

Les mœurs ont en effet bien changé depuis les années 1960… À cette époque, il fallait vite s’établir dans la vie. En 2018, la nouvelle génération a d’autres plans: voyager et changer d’emploi selon ses passions, par exemple. On ne souhaite plus nécessairement acheter une maison très jeune ou s’installer rapidement avec un partenaire, comme l’a indiqué une étude sur les milléniaux réalisée par Goldman Sachs l’année dernière. De nos jours, les jeunes adultes demeurent chez leurs parents plus longtemps, ce qui leur permet entre autres d’économiser.

«Plusieurs sont allés au cégep ou à l’université sans vraiment savoir ce qu’ils voulaient faire ou ont étudié dans des domaines avec des possibilités de carrière limitées, explique Bill Knaus, psychologue américain ayant développé une expertise sur la procrastination. Il y a aussi des gens qui restent plus longtemps à la maison parce qu’ils ne croient pas pouvoir réussir seuls. Ils demeurent avec leurs parents à cause de leur manque de confiance en eux.»

Les relations parents-enfants ont aussi changé. On avait tendance à penser que les jeunes mettaient une certaine distance entre leurs parents et eux comme symbole de leur nouvelle maturité, mais ce n’est plus nécessairement vrai. Selon une étude de l’université de Bamberg en Allemagne conduite dans 15 pays auprès de 15 000 parents ayant des enfants adultes, ceux qui n’avaient pas encore quitté la maison familiale ou qui étaient partis à un âge plus avancé avaient de meilleures relations avec leurs parents.

Ainsi, avoir toujours sa chambre dans la maison des parents n’est peut-être pas si mal, après tout. C’est même la tendance du moment.

«Un phénomène positif»
Métro s’est entretenu avec Bella De Paulo, psychologue et auteure d’un livre sur la stigmatisation des célibataires (Singled Out: How Singles Are Stereotyped, Stigmatized, and Ignored and Still Live Happily Ever After).

Pendant des années, on a stigmatisé les célibataires qui habitaient toujours chez leurs parents. Pourquoi est-ce en train de changer?
Je pense qu’une des raisons en cause est le nombre de jeunes adultes qui vivent toujours avec leurs parents. S’ils sont aussi nombreux, ils ne peuvent tous être des losers! Ils sont plutôt des gagnants, en fait. Des recherches montrent que ces familles aiment passer du temps ensemble. En ce qui concerne l’aspect financier, même si plusieurs contribuent à la maison, ils paient un loyer moins élevé que s’ils vivaient seuls. Leur aide est aussi précieuse pour leurs parents, alors tout le monde en ressort gagnant.

Croyez-vous qu’ils sont en train de perpétuer le fameux syndrome de Peter Pan?
C’est une comparaison injuste. Les milléniaux qui habitent avec leurs parents développent une meilleure relation avec eux, une chose plutôt bénéfique et très «adulte». Ça ressemble davantage à une amitié qu’à une relation d’autorité.

Nous observons un autre phénomène: les jeunes qui ont habité seuls et qui retournent à la maison familiale. Pourquoi?
Pour les mêmes raisons qui expliquent que plusieurs jeunes adultes restent chez leurs parents. Les temps sont durs, et il est plus abordable d’habiter en famille. En outre, certains demeurent célibataires plus longtemps. Ces personnes ont souvent une bonne relation et sont heureuses de rester ensemble. C’est donc un phénomène positif.

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