Tara Darby Paul Smith

Le designer a 14 lignes, il chapeaute une équipe de 180 personnes et il possède une tonne d’articles de collection. Métro s’est faufilé dans son atelier, où Sir Paul Smith connaît tout le monde par son nom.

«J’ai dit quelque chose de vraiment stupide l’autre jour, lance d’entrée de jeu Sir Paul Smith alors que nous prenons place dans ses quartiers généraux londoniens. J’ai affirmé que je n’étais pas vraiment un collectionneur. J’ai ensuite réalisé que les objets que je possède forment véritablement une collection!»

Grand amateur de sport, Sir Smith possède un nombre impressionnant de maillots de cyclistes autographiés. Sur son bureau s’empilent également des centaines de livres sur l’art et la mode, et ses bibliothèques sont remplies de biographies et de romans, mais aussi de jouets, d’appareils photo, de ballons de soccer et de photographies.

Des vélos en édition limitée et des œuvres d’art complètent le tableau. «Ce n’est rien, ajoute-t-il, j’ai un Banksy, un Bruce Weber et un Giacometti au sous-sol.»

Bref, Paul Smith est un homme qui aime s’entourer de choses variées. «Je pense qu’en voyant mon bureau, vous pouvez affirmer que je suis très curieux, se justifie-t-il. Je suis tout aussi heureux de trouver quelque chose qui vaut 50 pences que quelque chose provenant d’une célébrité. Toutes mes collections sont originales et amusantes. Paul Smith est un cocktail composé de plusieurs ingrédients qui intriguent les gens.»

Sa marque rappelle davantage un smoothie géant. En quelques chiffres, sa maison emploie 180 employés qui créent 26 collections par années pour 14 lignes. Cela ne l’empêche pas de connaître tout le monde par son nom.

Polyvalent, le designer est à son meilleur en mode multitâches. «Il y a tant de choses qui se passent en même temps que je peux être difficile à suivre, mais c’est aussi fantastique! s’exclame-t-il. Ce dont je suis le plus fier, c’est de vendre autant à des ados de 14 ans qu’à des personnes de 70 ans, et autant à des rock stars qu’à des étudiants.»

Paul Smith s’avance sur…

  • L’inconstance de la mode
    «Il y a tant de personnes qui deviennent populaires en un éclair. Comme l’intérêt des gens est difficile à maintenir, rester au sommet est de plus en plus difficile. Vous devez savoir ce que vous faites parce que personne n’a besoin d’un autre designer.»
  • L’habit
    «Je vois le complet comme un cadre photo. Le cadre est là pour accrocher le regard, et vous avez besoin de ces bases dans votre garde-robe. Le reste, c’est ce qui vous attire, la photo que vous placez dans le cadre.»
  • La méthode de travail
    «Avant, je dessinais tout. Maintenant, mon travail ressemble davantage à celui d’un styliste, par exemple en donnant des lignes directrices : je pense que nous devrions nous inspirer de telle ou telle chose, je veux plus de couleur ou un style bohémien. Je travaille ensuite à sélectionner les tissus et les couleurs.»
  • La Semaine de mode de Londres
    «Il serait plus avantageux pour moi de présenter mes défilés à Paris, où il y a plus d’acheteurs et de médias, mais je reste à Londres par loyauté, fait-il valoir. Je pense qu’il est important pour les marques comme la mienne et Burberry d’être à Londres pour attirer les acheteurs et la presse, ce qui permet ultimement d’aider les plus jeunes, comme Jonathan Saunders et Christopher Kane.»

 

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