Le «mini bébé-boum» de la dernière décennie semble avoir inspiré les créateurs de mode d’ici. Après Cokluch, qui vient de mettre en marché une première collection pour les petits, des griffes comme Naïké et atelier b. en promettent tout autant pour le printemps prochain. Métamorphose lancera aussi des chandails calqués sur ses modèles pour adultes dès la semaine prochaine. Zoom sur un segment de marché à défricher.

Il y a plus de 30 ans que de grands noms de la mode tels que Ralph Lauren ou Armani habillent les enfants. Au Québec, si certains se distinguent par leur créativité (Souris Mini ou Deux par Deux, par exemple), on voit plus rarement des créateurs ayant fait leur marque du côté des adultes se tourner vers la mode enfantine.

«J’ai eu envie de créer pour les enfants justement parce que peu de designers québécois se sont spécialisés dans ce domaine», explique Tuan Dang, derrière la griffe émergente Naïké. Ses toutes premières pièces destinées aux enfants ont été dévoilées dans le cadre de l’événement Fashion Preview plus tôt ce mois-ci.

Le créneau des tout-petits pourrait certes être porteur, davantage que celui, déjà saturé, de la mode pour femmes, estime Myriam Benoit, cofondatrice de la plateforme Fibres collectives. «Le marché enfant ne va pas chercher que les parents, mais bien toute la parenté et les amis; c’est aussi un marché de cadeaux, à fort potentiel international», insiste-t-elle.

Exit, les froufrous!
Respectant l’ADN de leurs collections pour adultes, les créateurs d’ici qui se lancent cette année proposeront des vêtements aux lignes plutôt épurées. Exit, les froufrous! «La collection Cokluch Mini nous ressemble beaucoup, fait valoir sa cofondatrice, Laurie Lemieux. Bien sûr, nous avons osé de petites touches de couleur, mais les ensembles restent neutres.»

Atelier b. mise aussi sur l’esthétisme qui a fait sa renommée bien au-delà des frontières du Mile-End, où les deux designers Anne-Marie Laflamme et Catherine Métivier ont installé leur atelier-boutique en 2011. La première collection pour enfants du duo, sur laquelle Métro a jeté un coup d’œil en exclusivité, proposera notamment des robes et des morceaux unisexes confectionnés dans des cotonnades japonaises ou italiennes.

«C’est pour moi (et pour ma petite fille) que j’ai eu envie de créer pour les enfants. On s’est dit que ce serait cool de faire une minicollection qui nous ressemble. Pas besoin de flafla ni de rose!» – Laurie Lemieux, cofondatrice de Cokluch

Du côté de Métamorphose, Karine Demers a créé une série «en quantité très limitée» de chandails raglan version mini. Des répliques des modèles pour adultes, ce qui devrait plaire aux adeptes du style «mini-moi».

«La mode mini-moi est très présente, confirme Myriam Benoit, qui connaît bien le marché de la mode pour enfants. Beaucoup de gens aiment voir leurs enfants habillés en petits adultes. Mais pendant que plusieurs compagnies se concentrent sur cette tendance, d’autres y vont à l’inverse. Il y a clairement un marché pour ces deux types de clientèle.»

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