Getty Scott Schuman

Le photographe est passé maître dans l’art de croquer monsieur et madame Tout-le-monde sur le vif aux quatre coins du globe pour exposer leur style et leur culture. Et la mode de rue est reine dans son nouveau livre, tout récemment paru en anglais, The Sartorialist: X.

Scott Schuman, alias The Sartorialist, a lancé son blogue de mode il y a 10 ans. En 2005, le style de rue n’était pas encore ce qu’il est aujourd’hui. Le photographe de mode a choisi de revisiter les fondements de la discipline dans son nouvel ouvrage, dans lequel il documente la culture vestimentaire de gens habitant autant les grandes capitales de mode que le Bhoutan ou Bali.

«C’est ce que j’ai toujours voulu faire, mais quand j’ai commencé, je me rendais uniquement là où Style.com ou GQ m’envoyaient, soit à Londres, à Paris ou à Milan», explique le photographe new-yorkais. Scott Schuman peut désormais bourlinguer partout sur la planète dans l’objectif de montrer la mode dans toute sa diversité, sans délaisser pour autant certaines de ses villes préférées, dont Milan, où Métro l’a rejoint.

En quoi votre nouvel ouvrage diffère-t-il des trois tomes précédents?
Je pense que c’est mon meilleur livre. Il est plus diversifié que les autres. On y trouve des photos du Pérou, de Dubaï, du Bhoutan, de Bali, de Mumbai, de Varanasi, de l’Afrique du Sud et du Maroc, en plus des traditionnelles capitales de la mode (New York, Paris, Milan et Londres). La chose dont je suis le plus fier, c’est qu’on ne sait jamais sur quoi on va tomber en tournant la page.

Avez-vous découvert de nouveaux endroits?
L’Inde est incroyable; je veux y retourner et y passer davantage de temps. Les agencements de motifs là-bas sont très intéressants. L’Italie est bien aussi. Milan est difficile à battre!

Pensez-vous que la mode de rue a changé le visage de la mode?
Oui. Je crois qu’avant la mode était un peu trop élitiste. On savait qu’il y avait des vêtements griffés, mais on ne voyait pas les gens ordinaires les porter. Toute l’attention était concentrée sur les mannequins, les acteurs et les actrices. Quand j’ai commencé à descendre dans la rue pour faire des photos, j’ai trouvé des grands, des petits, des gros, des minces, des gens plus riches et d’autres plus pauvres… ça a rendu la chose plus réaliste. La seule mémoire de la mode dans les années 1980 ou 1990, ce sont les reportages mode dans les magazines où les mannequins portaient du Prada ou du Helmut Lang de la tête aux pieds. Grâce à la mode de rue, on voit comment les gens mélangent ces pièces avec des vêtements plus abordables et du vintage, par exemple. C’est ce qui a vraiment attiré l’attention sur le phénomène.

Comment la mode de rue a-t-elle évolué depuis vos débuts?
Il y a toujours eu des photographes qui se sont intéressés à la mode de rue, comme Bill Cunningham, mais il se concentrait surtout sur New York et un peu sur Paris. Je suis le premier à l’avoir fait à l’international et sur l’internet. Quand j’ai commencé, nous étions peu à faire ce genre de clichés. Maintenant, nous sommes très nombreux. Beaucoup prennent les vêtements en photo sans s’attarder à la personnalité de l’individu qui les porte. Pour moi, c’est un peu ennuyant. J’aime que mes photos soient aussi de bons portraits, et les vêtements aident à créer l’histoire de mes sujets.

Quelle est votre définition du style?
La constance a beaucoup d’importance. Ceux qui passent d’une chose à l’autre sans continuité donnent souvent l’impression d’être des victimes de la mode. À mon avis, les personnes les plus stylées ont toujours l’air d’être elles-mêmes. Elles n’ont pas l’air d’essayer toutes sortes de styles, mais sont toujours en évolution. Je pense à [la styliste italienne] Eva Fontanelli ou à [la rédactrice en chef de Vogue Italie] Franca Sozzani.

Comment décrivez-vous votre propre style?
J’aime les vêtements de qualité, tant sur le plan du design que des matériaux. J’aime aussi les vêtements qui tombent bien: j’envoie tout chez le tailleur pour obtenir l’ajustement parfait. En tant que photographe, je cherche à me fondre dans le décor et à ne pas trop ressortir du lot. Ma garde-robe est, en quelque sorte, un outil de camouflage urbain.

sartorialist xThe Sartorialist: X
Scott Schuman,
Penguin Books, 30 $US

Dans sa trousse

KiehlsFluide hydratant
énergisant pour hommes Facial Fuel, de Kiehl’s, 30 $

cologneSanta Maria Novella
Acqua di colonia, 125 $US

ultrasunUltrasun Super Sensitive
High FPS 30, 38 $US
feelunique.com

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