Virginie Landry Dublin

À l’approche de la Saint-Patrick, la fête qui célébrera samedi le saint patron des Irlandais, plusieurs voient la vie en vert et rêvent de visiter ce pays qu’on surnomme l’île d’émeraude. Cependant, Dublin, la capitale, est plus grise que verte, puisque les nuages y obstruent très souvent le ciel. Mais cela ne signifie pas que votre voyage sera sombre et terne, au contraire: les portes de Dublin sauront sans doute l’égayer.

Les portes
Il suffit de vous balader quelques minutes dans les rues résidentielles de Dublin pour remarquer les jolies portes colorées. Vertes, jaunes, roses ou rouges, elles sont décorées des plus extravagants heurtoirs de porte et de fenêtres en demi-lune originales. Colum O’Riordan, pdg des Archives architecturales irlandaises à Dublin, confirme que l’architecture irlandaise est un incontournable auprès des touristes. «Ce ne sont pas seulement les portes que les visiteurs viennent voir, c’est le paysage de rue géorgien qu’ils recherchent.»

Origine
Beaucoup de maisons dublinoises ont été construites à l’ère géorgienne. M. O’Riordan explique comment les portes sont devenues le point focal de ces demeures : «Ces maisons ont été bâties dans la deuxième partie du 18e siècle, et ce, jusqu’à la troisième décennie du 19e siècle. À l’extérieur, elles sont d’allure très sévère, avec des façades en brique peu ornées. C’est l’absence générale de décorations sur les maisons de Dublin qui a permis de mettre en valeur le rôle décoratif des portes, conçues avec un certain souci de variété.»

L’architecture à l’ère géorgienne
Lors de vos balades dans Dublin, vous remarquerez peut-être quelques différences architecturales entre les maisons d’un même quartier. M. O’Riordan distingue ainsi les styles des diverses périodes de l’ère géorgienne : «Les portes du début de l’ère géorgienne sont robustes avec des architraves moulées et des frontons à tête segmentée. Les portes doriques, populaires dans les années 1730 jusque dans les années 1760, sont parfois surmontées d’un arche ou d’une fenêtre semi-circulaire, avec des colonnes doriques ou des pilastres.» À cette époque, on souhaitait varier d’une porte à l’autre. «Certaines maisons pouvaient avoir des portes semblables, mais une des caractéristiques les plus notables du Dublin géorgien, c’est que, dans la plupart des squares et des pâtés de maisons, les portes étaient toutes différentes», raconte-t-il.

La tradition se poursuit

Les portes de Dublin n’ont pas toujours été roses, jaunes ou bleues, comme l’explique Colum O’Riordan. «À l’ère géorgienne, le choix de la couleur d’une porte était plutôt limité et les couleurs n’étaient pas celles qu’on trouve aujourd’hui. La peinture extérieure était soumise au vent, à la pluie et au soleil – oui, même à Dublin! – et le prix de la peinture faisait en sorte que la plupart des portes étaient brunes, grises, vertes ou d’un rouge peu vibrant.» Ce qui aurait encouragé les gens à peindre leur porte d’une couleur non conventionnelle est l’absence de contrôle de la part des propriétaires des bâtiments, contrairement à Londres, par exemple. Ceci aurait facilité et encouragé l’occupant à choisir la couleur qu’il désirait, confirme Colum O’Riordan. «La tradition s’est poursuivie jusqu’au 20e siècle avec une variété impressionnante de couleurs de peinture extérieure», conclut-il.

Où voir les plus jolies portes?

• Merrion Square (le choix de Colum O’Riordan)

• Fitzwilliam Square

• Leeson Street

Irish Architectural Archives : http://www.iarc.ie

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