La Presse canadienne Joseph Polossifakis

Le parcours de l’escrimeur, spécialiste du sabre, Joseph Polossifakis vers les Jeux olympiques de Rio n’a pas été de tout repos. Le Montréalais de 25 ans a raconté son aventure à Métro.

Comment on se sent quand on réussit à se qualifier pour les Jeux olympiques pour la première fois?
C’est une grande fierté, surtout qu’en 2012, à Londres, j’étais passé proche de réussir. J’étais en avance jusqu’à la deuxième moitié du processus de qualification, mais cela n’a pas fonctionné finalement. Cela a été très difficile à avaler. J’ai pratiquement abandonné.

Vous avez eu d’autres épreuves à surmonter en route vers Londres, principalement des blessures.
De 2012 à 2014, je ne m’entraînais pas autant qu’avant 2012, car j’allais à l’école. J’ai terminé mes études en 2014 (baccalauréat en commerce à l’Université McGill). Ensuite, je me suis lancé à temps plein et y était très motivé. Je voulais même déménager pour trouver des partenaires d’entraînement. Cependant, dès que j’ai commencé, j’ai souffert d’une commotion cérébrale, ce qui a bouleversé mes plans.

Au lieu de me préparer pour les qualifications olympiques, qui commençaient en avril 2015, j’allais voir des médecins pour avoir une chance de me qualifier au sein de l’équipe canadienne et ainsi prendre part aux qualifications olympiques. Cela a été une période difficile de ma vie. À cause de la commotion, les blessures se sont enchaînées. Je ne pouvais pas m’entraîner comme il faut. Dès que ça allait bien avec ma commotion, je recommençais à fond, ce qui occasionnait d’autres blessures : au dos, une hernie discale, à la cheville. Pendant un an, je ne pouvais pas passer deux semaines à l’entraînement sans devoir arrêter. J’ai beaucoup appris sur moi-même. Finir cette année-là avec deux médailles d’argent aux Jeux panaméricains m’a réellement relancé.

Est-ce que les Jeux de Rio sont une finalité pour vous, ou désirez-vous poursuivre la pratique de votre sport?
Peu importe le résultat, je ne vais pas arrêter comme cela. Il y a une relève que je dois aider. Je vais évaluer ma carrière année après année après Rio. Ma performance aux Jeux n’affectera pas mon avenir sportif.

Pouvez-vous nous dire quelque chose sur l’escrime que les gens ne savent pas?
La différence entre les trois armes (sabre, fleuret, épée) est énorme. Ce sont pratiquement trois sports différents. En sabre, tu as besoin d’être plus robuste et très rapide. C’est une des armes qu’on ne voit pas souvent à la télé. Et ça peut prendre du temps aux gens à comprendre les combats de sabre, car chaque touche est jugée par un arbitre. Il n’y a pas de règles strictes, mais plutôt des conventions. Il y a beaucoup de jugement dans chaque touche, ce qui provoque des controverses. Grosse différence, par exemple, avec l’épée, où, si deux personnes se touchent en même temps, ils obtiennent chacune un point. Il y a un manque de compréhension des différences entre les trois armes. Ce sont trois niches à l’intérieur d’une niche.

Chacun des Jeux olympiques arrive avec son lot de controverses. Rio 2016 n’y fait pas exception. Est-ce que les problèmes vécus dans les villes et les pays hôtes vous affectent?
Les athlètes, nous sommes un peu fous. Tous les problèmes au Brésil ne m’affectent pas. Ce n’est pas qu’ils ne sont pas importants. Ils le sont beaucoup. C’est une situation qui doit être réglée. Ce n’est toutefois pas quelque chose qui va m’empêcher d’aller aux Jeux. Il faut comprendre que nous nous préparons pour cela pendant des années et que c’est une occasion qui ne se représentera peut-être jamais. Ça m’a pris 15 ans à arriver jusqu’ici.

À part vos compétitions, qu’avez-vous le plus hâte d’expérimenter aux Jeux?
Les cérémonies d’ouverture. Ma famille sera dans le stade. Je dis à la blague que je vais avoir des [caméras] Go Pro un peu partout sur mon corps pour capter toute l’ambiance. Les cérémonies de clôture seront aussi importantes pour moi, car ce sera mon anniversaire. Ce sera le plus gros party de fête de ma vie. [Rire]

Quelles sont vos prédictions pour l’équipe canadienne d’escrime?
Nous sommes souvent les négligés au niveau international, car nous avons tellement peu de ressources. Cependant, nous sommes aussi ceux qui causent beaucoup de surprises. Au cours des dernières années, nous avons eu de bons résultats avec les trois armes. Et le format de la compétition nous est favorable. Dans un tournoi à élimination directe, tout peut arriver. Les favoris sont stressés et n’ont pas le temps de se réchauffer contre des escrimeurs moins performants, car tout le monde est bon dès le début.

Le secret de l’escrime

Selon, Joseph Polossifakis, il y a plusieurs façons de maîtriser l’art de l’escrime.

  • «Si tu es grand, tu as un avantage, mais si tu n’es pas coordonné, tu as un désavantage. Tu peux être bon même si tu es petit, à condition de compenser avec ta vitesse. Chaque escrimeur doit connaître ses forces et ses faiblesses et faire avec ce qu’il a. Il est possible de gagner, peu importe ton gabarit, si tu es assez intelligent et bon techniquement.»

À surveiller
La compétition de sabre chez les hommes, à laquelle prendra part Joseph Polossifakis, aura lieu le mercredi 10 août.

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