Chris Young Chris Young / La Presse Canadienne

Donald Fehr est sur le point de compléter sa sixième année à titre de directeur exécutif de l’Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey. En prévision de la Coupe du monde de hockey, Fehr a discuté avec la Presse canadienne de ce tournoi et d’autres dossiers, notamment les bagarres, le potentiel d’autres lock-outs et la possibilité d’un élargissement des cadres en Europe.

Presse canadienne: Y a-t-il eu des réticences de la part des joueurs au sujet du calendrier de la Coupe du monde et de sa présentation tout juste avant le début de la saison?

Fehr: Vous pouvez écrire que j’ai rigolé parce que la réponse est qu’il n’y a pas un moment où ça n’engendre pas une forme de pression… Ce n’est pas qu’avant le début de la saison représente le meilleur temps, mais en ce moment, c’est probablement meilleur que d’autres… Il y a eu des discussions informelles au sujet de cette édition de la Coupe du monde, qui ne sont jamais devenues très sérieuses, pour peut-être tenir l’événement en février. Et c’est possible de croire que l’idée pourrait être envisagée un jour. Mais de mon côté, je me réserve tout jugement jusqu’à ce que cette édition soit terminée et après avoir vu comment le tout se sera déroulé.

Presse canadienne: Comment peut-on mettre fin au cycle des lock-outs?

Fehr: Dans tous les sports régis par un plafond salarial, tous sans exception, un lock-out survient lors de chaque période de négociations. Je pense ainsi depuis longtemps déjà. La NFL a même imposé un lock-out à ses arbitres. Il ne faut quand même pas exagérer! Pourquoi font-ils cela? Parce que de la façon dont les ententes sont structurées, (les propriétaires) croient qu’ils peuvent agir avec les joueurs comme bon leur semble. Comment y mettre fin? En espérant se retrouver dans des conditions où tout le monde est convaincu qu’une entente, acceptable pour les deux parties, puisse être conclue sans vivre un tel scénario. Le Baseball majeur opère sans plafond salarial. Il s’agit du seul sport qui n’a pas été touché, au cours des 20 dernières années, par des lock-out ou des grèves. Il a fallu le «combat royal» de 1994-95 (la grève des joueurs pendant que Fehr dirigeait l’Association des joueurs) pour convaincre les propriétaires qu’ils devaient cesser de lutter pour ces revendications… Compte tenu du passé, mon conseil aux joueurs, au moment d’entamer des négociations, est d’espérer pour le mieux et de se préparer pour le pire.

Presse canadienne: Est-ce que l’abolition du plafond salarial est donc la réponse pour mettre fin au cycle? Et est-ce une demande sur laquelle vous pourriez insister?

Fehr: Ce sont les joueurs qui prennent les décisions au moment venu. Et nous sommes loin de ce moment. Et les gens se demandent quelle est la décision à prendre — Un plafond salarial ou non? Est-ceci ou cela, ou quelque chose d’autre? — mais ce n’est pas la décision à prendre. Tout le monde se demande « Pourquoi n’avez-vous pas exigé ceci? ». Le problème, c’est que le « ceci » auquel ils font allusion n’est pas envisageable. Lorsque vous arrivez au moment que vous croyez être celui de la fin des négociations, il faut se demander si l’entente réalisable est préférable à l’alternative qui, habituellement, est un arrêt des activités. Voilà la décision qu’il faut prendre.

Presse canadienne: Donc, l’idée n’est pas d’aborder la lutte en se disant « Nous voulons ravoir ceci »?

Fehr: Ce pourrait être le cas. Vous pouvez adopter des positions très fermes. Mais c’est une décision que prennent les joueurs au moment venu. Et vous pourriez rétorquer « Pourquoi ne pas la prendre maintenant? ». Parce que je ne sais pas ce que sera la situation économique à ce moment particulier, et je ne sais pas ce que ressentiront les joueurs. Et nous connaîtrons un changement de plus de 50 pour cent de notre membership entre aujourd’hui et ce moment particulier. Je ne parlerai même pas aux mêmes personnes.

Presse canadienne: Nous avons demandé à Gary Bettman si la LNH allait un jour tenter d’éliminer les bagarres. Il a répondu que la seule façon d’y arriver passe par un consentement de l’Association des joueurs.

Fehr: Sur le plan légal, ce serait nécessaire. Historiquement, les joueurs voient le hockey comme un sport traditionnel et c’est une vision qui a pas mal toujours existé. Cela dit, c’est clair que le nombre de bagarres a diminué au cours des récentes saisons, et je ne vois rien qui ferait changer cette tendance.

Presse canadienne: Mais y a-t-il déjà eu des conversations où vous dites que les bagarres n’apportent plus rien à notre sport?

Fehr: Vous me demandez s’il s’agit d’un sujet qui, au moment propice, serait abordé avec les joueurs afin d’avoir des réactions? Bien sûr.

Presse canadienne: Est-ce que le sujet d’un élargissement des cadres en Europe a été soulevé au point où les joueurs pourraient y penser?

Fehr: Seulement dans un contexte — et ce sont des discussions internes, et non avec la LNH — où des gens vont dire « Regardez, la KHL fait ceci ou cela, qu’en pensez-vous? » Ou dans un contexte où quelqu’un mentionne « Nous avons tellement de joueurs européens, nous voulons nous étendre au niveau international, pensez-vous pouvoir faire quelque chose là-bas? » Personnellement, et je ne parle pas au nom des joueurs maintenant, et certainement pas au nom de la LNH, j’aimerais voir une analyse liée au développement international et ses chances de succès. Cela dit, c’est erroné de croire que ce sujet fait partie des plans immédiats.

— Cette entrevue a été révisée et condensée.

Jeudi: La Presse canadienne rencontre le commissaire de la Ligue nationale de hockey Gary Bettman.

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