Stephane Mantey Stephane Mantey / La Presse Canadienne

GENÈVE, Suisse — Le cycliste Chris Froome, triple vainqueur en Grande boucle, ne s’en fait pas au sujet de la fuite de ses informations médicales dans une cyber-attaque contre l’Agence mondiale antidopage (AMA), tard mercredi. Les soupçons se portent sur des pirates informatiques russes.

Ont ainsi été révélés les médicaments autorisés auxquels ont recours Froome et 24 autres athlètes anglais, américains et allemands, notamment.

«J’ai déjà parlé de mes exemptions thérapeutiques avec les médias, a dit Froome. Je n’ai pas de problème avec une fuite qui reflète ce que j’ai déjà déclaré.»

Les autres athlètes viennent de la République tchèque, du Danemark, de la Pologne, de la Roumanie et de la Russie.

Parmi les fuites, il y a les médicaments pour l’asthme utilisés par Bradley Wiggins, un autre gagnant du Tour de France, qui a de plus mérité cinq médailles d’or aux Jeux olympiques.

«Il n’y a rien de nouveau; sa condition est bien connue et le traitement est approuvé par British Cycling et l’UCI», peut-on lire dans un communiqué.

Les fuites révèlent des exemptions thérapeutiques permettant de prendre tel ou tel produit normalement banni, car il y a un besoin médical chez ces athlètes. Il n’est pas sous-entendu qu’ils ont enfreint des règlements.

Les substances en question sont souvent des anti-inflammatoires et des traitements pour l’asthme et les allergies.

«L’AMA est très consciente que cette attaque causera beaucoup de tourments et d’appréhensions, a mentionné le directeur général de l’organisation, Olivier Niggli. Nous regrettons que des réputations aient été ternies. Soyez assurés que nous recevons des informations et des conseils des plus hauts niveaux des forces de l’ordre et des agences de sécurité informatique, et que nous agissons en conséquence.»

Selon Niggli, il ne fait pas de doute que les cyber-attaques sont une forme de vengeance suite aux enquêtes indépendantes qui ont dévoilé du dopage à grande échelle financé par Moscou.

Les autorités russes ont toutefois rejeté de telles accusations.

«Comment pouvez-vous prouver que les pirates sont des Russes?, demande le ministre des Sports de la Russie, Vitaly Mutko. Tout est mis sur notre dos. C’est très à la mode en ce moment.»

Se nommant «Fancy Bears», le groupe a proclamé son allégeance à Anonymous, qui englobe de façon floue un certain nombre de pirates informatiques. Le groupe veut montrer «comment se gagnent les médailles olympiques».

«Nous allons continuer d’informer la planète sur le dopage dans le sport d’élite, a dit le groupe, jeudi. Restez à l’écoute pour de nouvelles fuites.»

Aussi dans Sports :

blog comments powered by Disqus