TORONTO — Deux prestations gênantes face aux jeunots d’Équipe Amérique du Nord en matchs préparatoires de la Coupe du monde de hockey sont les meilleures choses qui pouvaient arriver à Équipe Europe.

«Je remercie les jeunes de nous avoir corrigés aussi sévèrement, a déclaré l’entraîneur-chef Ralph Krueger. Ça nous a permis de rapidement faire face à de l’adversité, de nous regrouper et de clarifier ce que nous devions faire.»

Faire fondre des joueurs venant de huit pays différents pour former un groupe homogène n’a pas été une tâche facile, mais cela n’a finalement pas empêché Équipe Europe de blanchir les États-Unis 3-0, samedi, lors du tout premier match du tournoi.

Cette victoire, une surprise de taille sur papier, donne de très grandes chances à la formation européenne de se qualifier en vue des demi-finales.

«Ça nous laisse dans une position où nous allons pouvoir avoir un peu de plaisir, maintenant, a fait remarquer Krueger. Nous n’étions pas venus ici pour jouer un bon match. Nous nous sommes présentés avec l’intention d’être compétitifs et d’être encore en vie le week-end prochain.»

Krueger a affirmé samedi après-midi que ces joueurs étaient «regarder l’Amérique dans le blanc des yeux». Rien ne laissait croire que cette formation réunissant des hockeuyeurs de la Slovaquie, de la Suisse, de l’Allemagne, du Danemark, de l’Autriche, de la Norvège, de la France et de la Slovénie pouvait tenir tête à la profondeur des États-Unis. Mais la troupe européenne s’est montrée opportuniste et efficace.

«Nous sommes conscients que nous ne pouvons répondre coup pour coup à ces équipes et notre objectif est de demeurer patients, d’attendre nos chances, d’aider notre gardien et toutes les autres choses nécessaires, a expliqué le capitaine Anze Kopitar.

«Ce n’est pas ce qu’il y a de plus spectaculaire. En fait, c’est ennuyant, mais ça fonctionne.»

Malgré des bourdes liées à la composition de l’alignement auxquelles se sont ajoutées une exécution de piètre qualité et des erreurs à des moments cruciaux du match, la formation américaine a rendu hommage à Équipe Europe pour avoir concocté une recette gagnante.

Le gardien slovaque Jaroslav Halak a repoussé les 35 rondelles dirigées vers lui pendant que ses coéquipiers étaient limités à 17 tirs. Toutefois, Équipe Europe est parvenue à ne donner presque aucune chance de marquer de qualité.

Les rencontres préparatoires contre Équipe Amérique du Nord et face à la Suède ont donné à l’Europe suffisamment de temps pour s’unir sur la patinoire et dans le vestiaire. Krueger avait remarqué, durant les premiers jours, que ses joueurs prenaient le repas à des tables séparées, selon leurs nations avant de commencer à s’intégrer «au point de ne plus savoir qui vient d’où».

Sur la surface de jeu, l’Europe ressemblait à une équipe dans le sens le plus pur du terme.

«Nous avons conservé des unités de cinq joueurs, et je pense que la clé est de demeurer le plus possible loin du banc des pénalités», a déclaré Halak, qui prenait part à un premier match d’importance depuis le mois de mars, après une blessure à l’aine.

Après avoir bénéficié d’un véritable cadeau de la part de Patrick Kane, à la suite d’un revirement «inacceptable», l’Allemand Leon Draisaitl et le Suisse Nino Niederreiter ont profité d’une échappée à deux contre le gardien et ont donné l’impression qu’ils évoluaient ensemble depuis des années.

Draisaitl savait qu’il recevrait un retour de sa passe et il a su profiter d’un événement qui survient très rarement au hockey professionnel.

«Peut-être au niveau pee-wee. Et j’ai probablement raté mon coup!», a répondu Draisaitl lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il se souvenait de la dernière fois où il avait profité d’une échappée à deux contre le gardien.

Draisaitl n’a pas raté son coup cette fois-ci, pas plus que le Slovaque Marian Gaborik ou le Français Pierre-Édouard Bellemare. Puisque l’écart entre les buts marqués et les buts accordés sert de bris d’égalité, chaque but revêt une grande importance, et Équipe Europe tentera d’améliorer son sort lundi, contre la République tchèque, et mercredi, face au Canada.

«Ce seront des matchs difficiles, a avisé Krueger. Nous avons beaucoup de travail à faire.»

Les membres d’Équipe Europe ont bien accepté le rôle de négligés à la Coupe du monde, mais maintenant, les attentes seront un peu plus élevées.

«Nous n’avons jamais pensé que nous n’étions qu’une attraction de deuxième ordre, a fait savoir Krueger. Nous serons confrontés à un grand défi et nous n’avons encore rien accompli.»

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